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Évènements passés

13

septembre

2022

Les ateliers co-écologiques

Évènement passé

#50ème Atelier Co-Écologique : « L’hydrogène bas carbone : une opportunité pour la France et pour l’Europe de l’énergie »

Les intervenants

Paul Lucchese

Président du groupe de travail

Géraud Guibert

Président de La Fabrique Ecologique

Mikaa Mered

Enseignant à Sciences Po, HEC et l’Ecole de Guerre et ambassadeur de l’hydrogène vert à l’International Association for Hydrogen Energy

Aude Humbert

Cheffe de projet développement H2V Industry

Corine Dubruel

Présidente de Hysilabs

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À l’occasion de la publication de sa note : “L’hydrogène bas carbone une opportunité pour la France et pour l’Europe de l’énergie”, La Fabrique Ecologique a organisé le 50e Atelier Co-Ecologique le 13 septembre 2022 en présence de Paul Lucchese, président du groupe de travail, Corine Dubreuil, Mika Mereed et Aude Humbert. Le débat était animé par Géraud Guibert, président de La Fabrique Ecologique.
L’atelier a débuté par une introduction de Paul Lucchese sur les objectifs de la Note, puis de questions d’éclairage technique du public. Il a rappelé que l’hydrogène devait constituer un levier parmi d’autres dans l’effort global de décarbonation de nos économies, sans occulter les politiques de sobriété, de développement des énergies renouvelables (EnR) et d’électrification massive. L’hydrogène et ses produits dérivés comme l’ammoniac se révèlent utiles pour décarboner la mobilité lourde, l’industrie et la chimie, et pourront aussi jouer un rôle crucial dans le stockage d’énergies intermittentes. L’usage actuel est surtout industriel, dans la production d’engrais ou la raffinerie, mais l’hydrogène reste majoritairement produit à partir d’énergies fossiles et donc fortement polluant. La production mondiale est estimée entre 80 et 100 millions de tonnes par an, mais il reste de nombreux challenges à surmonter pour poursuivre le développement de la filière de l’hydrogène bas carbone ; notamment le coût économique, le manque de labellisation réglementaire, l’acceptation sociale et l’accès aux matières critiques. C’est pourquoi une stratégie nationale a été initiée en 2020 en France avec des objectifs ambitieux de compensation du surcoût lié au développement initial, de création de champions industriels français, de soutien à la R&D et à des écosystèmes de collectivités territoriales particulièrement proactifs dans le secteur.
Les trois grands témoins ont ensuite exprimé une réflexion sur la note. Pour Aude Imbert la note illustre fidèlement les principaux verrous auxquels vont faire face les industriels dans la prochaine décennie. Corine Dubreuil a souligné quant à elle l’importance des enjeux de transports et stockage à l’échelle transfrontalière et a apprécié la mise en avant des différences entre les stratégies française et européenne de développement de l’hydrogène. Enfin, Mikaa Mered a souligné le caractère révolutionnaire de l’hydrogène comme vecteur d’énergie avec un potentiel de remplacement des énergies fossiles à l’échelle globale, alors que jusqu’à présent les nouvelles sources énergétiques se sont additionnées au cours de l’histoire.
Un point central soulevé par les intervenants a par la suite guidé le fil du débat : le choix de développement offert par l’hydrogène à la France. L’hydrogène pourrait y être produit localement par les énergies renouvelables et/ou le nucléaire dans une perspective d’indépendance énergétique et de création d’emploi local tel qu’envisagé actuellement par le gouvernement. Mais il pourrait également être importé depuis des pays producteurs à faible coût (avec de grandes capacités d’EnR) via des infrastructures de transports et des hubs spécialisés, dans une perspective d’approvisionnement de l’économie en énergie à bas coût et donc de compétitivité économique. C’est d’ailleurs cette seconde option que privilégie l’UE à travers sa récente stratégie RePowerEU, où l’importation d’hydrogène vert et une politique de transport transfrontalière permettraient d’assurer une souveraineté européenne et une compétitivité économique.
Différentes questions du public ont ensuite amené la discussion vers le rendement énergétique actuel de la chaîne de valeur de l’hydrogène, en progrès fulgurant constant selon les grands témoins ; puis sur les risques associés à la filière, bénins dans certains secteurs comme la mobilité selon Aude Humbert et globalement très maîtrisés dans le domaine industriel grâce aux efforts réalisés dans les années 2000 selon Mikaa Mereed.
Le débat s’est ensuite orienté sur les trois recommandations de la note ; premièrement, favoriser les écosystèmes régionaux français ; deuxièmement, retravailler la prospective et les scénarios de projection 2050 pour déterminer les besoins quantitatifs en énergie de la réindustrialisation et de l’économie française ; enfin troisièmement investir dans l’Europe de l’hydrogène et prendre le leadership pour développer les infrastructures pour garantir un marché unique européen. Paul Lucchese a insisté sur l’importance de reconsidérer en amont les besoins énergétiques de la France à l’horizon 2050 pour choisir plus pertinemment le cadre et l’ampleur de développement de la filière hydrogène en France. Pour Corine Dubreuil, il est essentiel de s’inscrire dans la stratégie européenne car la production nationale seule offrira un coût de l’électricité trop élevé pour les acteurs industriels et de la mobilité, il faut donc maximiser les capacités de transport et de stockage transfrontaliers pour assurer une forme de souveraineté européenne et choisir l’import d’hydrogène bas carbone à faible prix.
L’atelier s’est terminé par des commentaires finaux des intervenants sur les recommandations de la note, puis par une question du public sur les moyens de se prémunir d’un énième effet rebond de ce nouvel usage énergétique, et de réussir une véritable transition énergétique et écologique. L’exemple de la Chine avec son développement massif d’EnR sans véritable substitution des énergies fossiles au sein du mix énergétique peut faire craindre des difficultés dans la transition au vu du potentiel de l’hydrogène.
Cette question ouverte et plus largement ce débat susciteront sans aucun doute de multiples réactions et commentaires que chacun.e est invité.e à partager sur notre site : vos amendements et propositions sont les bienvenus pour enrichir la Note dans la phase de co-construction. N’hésitez pas à regarder le replay de cet Atelier, écouter le podcast ou revoir la vidéo explicative (voir ci-contre).

24

mai

2022

Les ateliers co-écologiques

Évènement passé

#49ème Atelier Co-Ecologique : « Circuits courts de l’énergie et solidarité énergétiques locales : Mieux décentraliser notre futur énergétique circulaire »

Les intervenants

Sébastien Delpont

Co-président du groupe de travail

Justine Bain-Thouverez

Co-présidente du groupe de travail

Mathilde Boitias

Directrice de La Fabrique Écologique

Nicolas Ott

Directeur du développement, BCM Energy

Pierre Leroy

2ème adjoint au maire de Puy-Saint-André, président du PETR Briançonnais, Écrins et Guillestrois Queyras, président de SEVE (Soleil Eau Vent Énergie), président de la commission transition écologique de l'ANPP (400 territoires), auteur du livre "Passage délicat : Penser et panser le territoire"

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À l’occasion de la publication de la note : «  Circuits courts de l’énergie et solidarités énergétiques locales : Mieux décentraliser notre futur énergétique circulaire  », La Fabrique Écologique a organisé son 49e Atelier Co-Écologique le 24 mai 2022, en présence de Justine Bain-Thouverez et Sébastien Delpont qui ont co-présidé le groupe de travail, et de deux « grands témoins » ; Pierre Leroy, élu local dans le Briançonnais, et président de la société d’économie mixte et Nicolas Ott, directeur du développement, BCM Energy. Le débat a été animé par Mathilde Boitias, directrice de La Fabrique Écologique.  
Mathilde Boitias a commencé par rappeler les trois principaux points de la Note ; l’analyse des freins au développement des énergies locales, les leviers pour développer et encourager les projets, puis les pistes permettant de mettre en place des mécanismes de solidarité énergétique.  
Un premier temps de parole et de questions a d’abord abordé les enjeux de gouvernance et d’acceptabilité des projets. Sébastien Delpont, a évoqué la nécessité de repenser le rôle des puissances publiques et de réinterroger les modes de faire afin de permettre le développement de projets à échelle locale. Nicolas Ott a quant à lui rappelé l’importance des enjeux d’appropriation des projets énergétiques, notamment face à l’urgence climatique qui accélère la nécessité et le rythme des projets. Il y a un enjeu de responsabilisation et de solidarité des territoires. Dans la même lignée, Pierre Leroy a mobilisé son expérience d’élu local engagé dans des projets énergétiques de production locale et de  sobriété pour évoquer la problématique de l’acceptabilité sociale des projets. Il a insisté sur l’organisation au niveau local d’un débat public, permettant une meilleure compréhension des enjeux mais aussi une décision collective sur le plancher social et sur le plafond environnemental des projets.  
Plusieurs questions du public ont ainsi abordé la question de la place de l’Etat, la conciliation des projets locaux avec ceux de grande taille, ou encore la question des particularités territoriales. Cela a été l’occasion pour nos intervenant.e.s de rappeler le prisme très centralisé de l’Etat et de souligner que l’enjeu des projets d’énergie locale n’est pas seulement celui de la transition énergétique mais aussi celui de l’habitabilité des territoires. 
Par la suite, le débat s’est orienté vers  les freins contraignant le développement des projets locaux et les recommandations faites dans la Note pour les surmonter. Au niveau juridique, Justine Bain-Thouverez a mentionné deux contraintes ; l’interdiction du localisme dans le droit de la commande publique, qui implique une mise en concurrence des producteurs locaux d’énergie avec de grands fournisseurs, et la trop faible durée des contrats, qui ne permet pas aux porteurs de projets locaux de sécuriser leurs investissements. La première recommandation de la Note est une clarification et une évolution des règles de la commande publique, pour permettre la prise en compte des externalités positives des projets locaux et la possibilité de favoriser l’approvisionnement local en énergie.   
La deuxième recommandation concerne les risques des projets d’énergies renouvelables locales. Pour diminuer leur coût, la note propose la mutualisation des risques entre les acteurs et la mise en place d’un fond de garantie porté par les collectivités territoriales et financé par les porteurs de projets.  
Enfin, la troisième recommandation vise à développer des mécanismes de solidarité énergétique, à partir d’un nouveau cadre réglementaire et fiscal. Sébastien Delpont a donné l’exemple de la production autonome des bâtiments tertiaires qui pourrait être redirigée sous forme de dons énergétiques vers des ménages précaires les jours d’inoccupation, ou encore la possibilité de créer des zones franches énergétiques. Pierre Leroy a mentionné une autre forme de solidarité territoriale liée à la production locale d’énergie ; le réinvestissement des bénéfices dans des projets locaux bénéfiques pour la collectivité.  
Le débat s’est terminé par une question concernant la suite donnée à la Note et aux propositions faites, l’occasion pour Mathilde Boitias de rappeler que s’ouvre désormais une phase de co-construction. Chacun.e est ainsi invité.e à partager ses amendements ou ses propositions afin d’enrichir la Note, déjà disponible sur notre site internet. De même, vous pouvez retrouver la retransmission de cet Atelier Co-Ecologique sur Facebook, sur notre chaîne Youtube ou sur notre chaîne de podcast 

23

mars

2022

Les ateliers co-écologiques

Évènement passé

#48ème Atelier Co-Ecologique : « Les prairies et l’élevage des ruminants au cœur de la transition agricole et alimentaire »

Les intervenants

François Demarcq

Président du groupe de travail.

Géraud Guibert

Président de La Fabrique Écologique.

Bernard Chevassus-au-Louis

Président d'Humanité et Biodiversité, inspecteur général de l’Agriculture.

Christian Huyghe

Directeur scientifique Agriculture à l'Inrae.

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À l’occasion de la publication de sa note : « Les prairies et l’élevage des ruminants au cœur de la transition agricole et alimentaire », La Fabrique Écologique a organisé son 48e Atelier Co-Écologique le 23 mars 2022,  en présence de François Demarcq, président du groupe de travail, Géraud Guibert, président de La Fabrique Écologique, Bernard Chevassus-au-Louis, président d’Humanité et Biodiversité, inspecteur général de l’Agriculture, de Christian Huyghe, directeur scientifique Agriculture à l’Inrae, Mathilde Boitias, directrice de La Fabrique Ecologique et membre du groupe de travail et les autres membres du groupe de travail.  
Mathilde Boitias a d’abord présenté le point de départ du groupe de travail : la contradiction inhérente à l’élevage des ruminants. D’un côté, ce secteur représente 9 % des émissions de gaz à effet de serre en France mais de l’autre, les prairies constituent des stocks de carbone importants et permettent le maintien de la biodiversité. Ainsi, la question à laquelle a tenté de répondre la note est la suivante : Quelle est la vision d’un élevage idéal et comment peut-on y parvenir ?  
François Demarcq a ensuite précisé que la note suivait une démarche scientifique en effectuant un tour d’horizon de la littérature sur le climat, la biodiversité et la santé publique. La dimension climatique concerne à la fois le volet émissions et les capacités de stockage carbone. Les prairies permanentes permettent de stocker 80 tonnes de carbone par hectare. Toutefois, ces prairies ne fixent quasiment plus de carbone. Si les prairies permanentes constituent indéniablement un large potentiel de stock de carbone, l’argument climatique doit être utilisé avec précaution car il ne suffit pas à justifier le maintien de l’élevage. Cependant, un second argument vient s’ajouter en faveur des prairies permanentes : leur rôle dans la préservation de la biodiversité. En effet, les prairies sont riches en biodiversité et rendent des services écosystémiques (présence de pollinisateurs, aide à la lutte contre les ravageurs). Enfin, la note prend en compte la dimension de santé publique. De manière générale, nous consommons trop de protéines d’origine animale. Il existe toutefois des différences notables en termes de qualité nutritionnelle des produits en fonction du mode d’élevage. Or, l’alimentation des ruminants à l’herbe à un effet très positif sur la qualité nutritionnelle de la viande et du lait. 
La vision pour l’avenir dessinée par la note incite donc à redimensionner l’élevage des ruminants à la baisse et à le recentrer sur les prairies permanentes. Elle invite à un mouvement puissant de retour à l’herbe accompagné d’une réduction du cheptel de l’ordre de 30 à 50 % pour libérer 3 à 5 millions d’hectares de terres arables. L’idée est ainsi de développer une marge de manœuvre pour ouvrir la voie à davantage de production végétale. En outre, la production de viande de bœuf devrait être assurée par des races issues de l’élevage laitier qui sont plus adaptées à un engraissement à l’herbe. Si le prix des produits va vraisemblablement augmenter, cela devrait permettre une meilleure valorisation de la production des éleveurs grâce à la mise en place d’un label dédié. Du point de vue des consommateurs, le surcoût devrait être compensé par une politique incitative à la moindre consommation.  
Christian Huyghe a apprécié le travail de promotion de la culture de la complexité et du compromis effectué par le groupe de travail. Il a souligné que la note est parvenue à trouver une forme d’équilibre entre biodiversité, climat et santé humaine. Il a toutefois relevé l’absence de prise en compte de plusieurs enjeux. Tout d’abord, l’absence de mention de l’azote qui est pourtant essentiel puisqu’elle est nécessaire à la stabilisation du carbone. La question de la durée est aussi centrale dans la mesure où l’on ne peut pas nourrir un animal à l’herbe toute l’année, il faut donc faire des stocks.  
Bernard Chevassus-au-Louis a quant à lui insisté sur la nécessité de peser l’importance du discours par rapport aux éleveurs qui rencontrent des difficultés. S’il considère que la note propose une thèse forte, elle offre aussi des possibilités de progression, notamment en argumentant davantage sur l’intérêt de conserver les prairies tout en gardant à l’esprit les logiques sous-tendues par le système actuel.  
Enfin, les recommandations de la note ont ensuite été évoquées :  
En premier lieu, la note invite à promouvoir le « moins mais mieux » dans la consommation d’animaux grâce à une politique de labellisation. Celle-ci devrait être soutenue par des campagnes de promotion des produits à l’herbe. Deuxième, le groupe de travail propose des financements innovants afin d’accompagner économiquement et socialement les éleveurs pour maintenir l’attractivité du métier et éviter toute casse sociale. En outre, l’introduction de nouvelles méthodes dans le cadre du label bas carbone devrait permettre de valoriser l’intention de réduire le cheptel. Une autre source de financement envisagée est le développement des paiements pour services environnementaux, ce qui devrait conduire au maintien des bonnes pratiques. Enfin, la note recommande de donner aux collectivités territoriales le moyen de jouer un rôle important en raison de la diversité des situations existant sur le territoire. Pour cela, il faut introduire des délibérations locales : intégrer les problématiques locales dans des plans climats territoriaux et développer des projets alimentaires territoriaux. Tout cela permettrait d’aider la constitution de filières locales vertueuses. 
Cet Atelier Co-Ecologique aura donc ouvert un espace de débat très intéressant grâce aux interventions enrichissantes des participant.e.s. Il ouvre ainsi avec succès cette phase de co-construction pendant laquelle chacun peut amender et ajouter des propositions à la Note. 

09

décembre

2021

Les ateliers co-écologiques

Évènement passé

#47ème Atelier Co-Ecologique : Les enjeux écologiques des prochaines échéances électorales : comment améliorer leur prise en compte ?

Les intervenants

Géraud Guibert

Président de La Fabrique Écologique.

Lucile Schmid

Vice-Présidente de La Fabrique Écologique.

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A l’occasion de la publication de son dossier : « Les enjeux écologiques des prochaines échéances électorales : comment améliorer leur prise en compte ? » comportant une vingtaine de fiches thématiques, La Fabrique Écologique a organisé son 47e Atelier Co-Écologique le 9 décembre 2021, en présence de quelques contributeurs au dossier.  
Dans un premier temps, il a été rappelé que ce dossier est né du constat de la vacuité du débat sur l’écologie dans l’espace public, une vacuité à la fois quantitative et qualitative, se résumant le plus souvent à la chasse et au mix électrique. Paradoxalement, on s’aperçoit d’une intensité croissante des questions écologiques dans le débat public ainsi que d’une suractivité législative sur ces enjeux. Ce paradoxe souligne l’enjeu de ce qui a été appelé la « démocratie technique » : comment faire le lien entre des citoyens et des techniciens avec un langage accessible à tous.  
Suite à cette première présentation générale du dossier, plusieurs contributeurs à celui-ci parmi lesquels : Damien Borot, Bernard Chevassus-au-Louis, Pauline Bureau, Jacques Rigaudiat, Pierre Victoria et Céline Jacob, ont pris la parole sur l’une des 26 fiches. Des différentes analyses thématiques il est ressorti la nécessité d’aborder les sujets de façon systémique et non sectorielle en prenant en compte également les différentes échelles d’analyse. Ainsi, à propos de l’agriculture, une réflexion sur l’échelle européenne est apparue comme primordiale tout comme le besoin de penser le système alimentaire dans son ensemble, de la production des engrais au transport des marchandises sans oublier l’aspect sanitaire de l’alimentation.  
Le débat a notamment porté sur deux aspects : le mix électrique et le modèle économique à adopter. Autour de ces deux thématiques, la question de la sobriété a cristallisé les débats. D’une part la sobriété, aussi bien en termes de consommation énergétique que de modèle économique, est pensée comme une nécessité face une surconsommation toujours plus forcenée, et d’autre part celle-ci a été présentée comme l’apanage des plus aisés, accroissant les inégalités en faisant appel à une morale qui ne peut être la même selon les classes sociales. Ainsi, certains ont préféré souligner le rôle que doit jouer l’action publique et l’importance d’un projet collectif qui interroge sur le modèle de société qui nous permettrait de faire de la sobriété énergétique, un modèle qui soit encadré par des mesures gouvernementales et une action publique à la hauteur des enjeux. Ainsi, l’importance d’une réforme de la fiscalité dans son ensemble afin de lier fiscalité sociale et environnementale est apparue comme un besoin au même titre que la mise en place d’une politique environnementale qui soit sociale. A cet effet, la question de la création d’une conscience collective comme antidote à ce qui a été pointé du doigt comme un « individualisme » nous ayant poussé à consommer toujours plus, s’est posée.  
La question de l’éducation est ainsi apparue comme un sujet primordial mais complexe. La généralisation de la prise en compte des enjeux écologiques à toutes les filières et à tous les niveaux apparaît comme un besoin, surtout dès le plus jeune âge afin d’aboutir à une refonte de nos imaginaires culturels. Pour l’enseignement supérieur, la question de l’adaptabilité des compétences techniques enseignées aux enjeux écologiques pose des problèmes organisationnels, d’autant que le marché du travail n’est pas encore adapté. Cet accompagnement de la mutation des emplois actuels doit se faire en étroite collaboration avec les régions qui ont la compétence en matière de formation. Celle-ci est ainsi apparue comme devant être pensée dans son ensemble : les employés actuels doivent être formés et pas uniquement les étudiants. Et puis, la question de la relocalisation de certains secteurs interroge sur l’avenir de l’industrie française et de son modèle économique : comment relocaliser ? 
Toutes ces questions ont été pensées non pas en silo mais de manière systémique. Il est apparu que le fossé entre citoyens et dirigeants -jugés incohérents- était un obstacle majeur à la prise en compte des enjeux écologiques par le politique mais également par les citoyens. L’appel au civisme ne pourra fonctionner tant que cette déconnexion sera trop forte.  
 
 

12

octobre

2021

Les ateliers co-écologiques

Évènement passé

#46ème Atelier Co-Ecologique : Les défis de la lutte contre l’artificialisation des sols

Les intervenants

Julien Fosse

Président du groupe de travail.

Géraud Guibert

Président de La Fabrique Ecologique.

Guillaume Sainteny

Grand témoin, maître de conférences en développement durable à l’Ecole Polytechnique et Science Po Paris.

Arnaud Bouteille

Grand témoin, représentant de l'association Fonciers en débat.

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Ce 46e Atelier Co-Ecologique a réuni une soixantaine de personnes en visioconférence, pour débattre de la note : « Les défis de la lutte contre l’artificialisation des sols », en présence de Julien Fosse, président du groupe de travail. Nos deux grands témoins étaient Arnaud Bouteille, représentant de l’association Fonciers en débat et Guillaume Sainteny, maître de conférences en développement durable à l’Ecole Polytechnique et Science Po Paris. Le débat était animé par Géraud Guibert, Président de La Fabrique Écologique.
Le diagnostic de l’artificialisation des sols en France a d’abord été posé par Julien Fosse qui a rappelé la nécessité de donner une définition claire de l’artificialisation. Celle-ci peut être considérée comme la transformation d’un sol naturel, agricole ou forestier par des opérations d’aménagements pouvant conduire à une imperméabilisation partielle ou totale. Il a été également rappelé que, si ses impacts environnementaux sont faciles à observer, leur mesure et quantification demeurent délicates. Une question se pose également, celle de la réparabilité, la capacité des sols à se reconstituer. Si des processus de réparation partielle sont possibles, c’est une solution difficile à mettre en œuvre étant donné la lenteur et la complexité du processus de reconstitution.
Les grands témoins ont mis en avant la question de l’évaluation des facteurs de l’artificialisation (constructions, infrastructures de transports, zones commerciales ou industrielles, bâtiments agricoles…). Parmi ces derniers, l’habitat est le phénomène le plus déterminant. C’est pourquoi la répartition de l’artificialisation est très hétérogène sur le territoire (entre métropoles, zones côtières, touristiques…). En plus de cette hétérogénéité, la vacance des logements constitue une spécificité française qui contribue à expliquer en partie l’artificialisation des sols.
Guillaume Sainteny a évoqué d’autres facteurs spécifiquement français qui participent au retard sur les réflexions en matière d’artificialisation et au rythme plus élevé que dans d’autres pays voisins. La centralisation qui entraîne la faiblesse des contre-pouvoirs, permet un cumul d’autorité et de consommation abusive d’espace. En outre, les prix anormalement bas du foncier agricole en France, qui est de plus très taxé, engendrent la non rentabilité du foncier non bâti, ce qui favorise l’artificialisation. D’un point de vue psychologique, l’habitat intermédiaire (petit collectif) n’a pas réussi à convaincre les français.e.s qui n’ont le choix qu’entre grands ensembles et maison individuelle.
Arnaud Bouteille a quant à lui rappelé les moteurs existants derrière le développement du périurbain (notamment la peur des nuisances sonores, le désir de tranquillité, les inconvénients de la copropriété). Enfin, il s’est interrogé sur le degré d’urgence de la problématique que pose l’artificialisation en mentionnant la caractéristique propre au territoire français qu’il décrit comme relativement « vide ».
Les recommandations issues de la note ont ensuite été présentées et discutées. Parmi les différentes propositions on peut noter la nécessité de construire un récit positif autour de la densification, l’utilisation de nouveaux instruments pour une gestion mieux partagée du foncier, le trio “éviter, réduire, compenser” pour limiter le phénomène d’artificialisation, la mise en place d’un marché de droit à artificialiser contre renaturation dans d’autres zones (avec des instruments de contrôle très précis) ou encore l’utilisation de la fiscalité pour financer la renaturation. La proposition de densification a été particulièrement discutée. Les participant.e.s ont mis en avant la répulsion générale des français.e.s à son égard. En outre, ils ont souligné qu’une densification réussie devait être accompagnée d’un verdissement urbain.
Cet Atelier Co-Ecologique, dont vous pouvez retrouver la retransmission sur Facebook, sur notre chaîne Youtube ou sur notre chaîne de podcast, aura donc ouvert un espace de débat très intéressant grâce aux interventions enrichissantes des participant.e.s. Il ouvre ainsi avec succès cette phase de co-construction pendant laquelle chacun peut amender et ajouter des propositions à la Note.

Les ateliers co-écologiques

Le concept

Un atelier co-écologique est organisé à l’occasion de chaque publication de La Fabrique Écologique (environ six notes par an). Ce moment de co-construction citoyenne, ouvert à tous et au format innovant, fait interagir l’ensemble des participants sur le contenu de la note. Les ateliers qui ont déjà eu lieu ont su créer un réel engouement. La Fabrique Écologique est un lieu de référence pour élaborer des politiques publiques et des propositions concrètes en matière d’écologie et de développement durable. Elle réfléchit, propose et lance des débats sur une base transpartisane avec une exigence de très grande rigueur. Plusieurs groupes de travail se réunissent autour de thématiques variées pour rédiger des notes à destination des décideurs et du grand public.

Le fonctionnement des ateliers

Les ateliers, rythmés par un animateur, comportent une présentation par le Président du groupe de travail, de courtes réactions de deux ou trois grands témoins, et surtout des interventions des participants présents dans la salle. Le diagnostic et les propositions de la note sont ainsi débattus par tous ceux qui le souhaitent. Afin de les rendre interactifs, un live tweet accompagne les échanges et ces derniers peuvent être retransmis en direct sur internet.
 
Le jour de l’événement, la note est également mise en ligne sur le site internet de l’association et ouverte aux commentaires. Cette phase de co-construction avec les citoyens dure environ deux mois à l’issue desquels les membres du groupe de travail intègrent les amendements jugés pertinents. La version définitive de la note est ensuite publiée.
Le Hashtag de la soirée : #AtelierCoEcolo

Les partenaires des ateliers