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Les recommandations nutritionnelles, un outil pour l’élaboration de régimes soutenables ?

Publié le 10 janvier 2018

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Article de l’Oeil - N°20

Publié en décembre 2017 dans la revue “PNAS” 1, l’article « Evaluating the environmental impacts of dietary recommendations » 2, fruit d’une recherche menée par six chercheurs hollandais 3, s’est intéressé à l’impact environnemental des recommandations nutritionnelles dont le rôle est d’informer et d’orienter le public vers certains choix alimentaires Cette étude menée dans 37 pays porte sur les recommandations élaborées au niveau national. Elle propose aux décideurs publics de prendre en compte leur impact environnemental, afin d’élaborer des régimes alimentaires durables.
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Élaborées par des organismes nationaux ou de santé, les recommandations nutritionnelles ont initialement pour but d’assurer une consommation alimentaire adéquate. Elles ont aussi, dans certains pays, favorisé l’émergence de comportements peu soutenables et d’atteintes à l’environnement. Pour évaluer cette incidence, les chercheurs se sont concentrés sur trois facteurs : les émissions de gaz à effet de serre, l’eutrophisation 4 et l’utilisation de la terre. Ils ont également choisi de diviser les pays en trois catégories en fonction de leur revenu (haut, moyen ou faible).
Alors que la production de nourriture génère un impact environnemental fort, cette dimension est jusqu’à présent éludée par les recommandations nutritionnelles (1). Celles-ci ont pourtant souvent un effet direct positif ou négatif sur l’environnement en influençant le choix des consommateurs (2). La prise en considération des spécificités régionales et culturelles de chaque région est en fait indispensable pour concilier les impératifs de santé et d’environnement (3).
#1 La production de nourriture engendre un impact environnemental particulièrement élevé. 19 à 29 % des gaz à effet de serre sont provoqués par cette activité (dont 80-83 % issus de l’agriculture). Elle génère également une augmentation de l’eutrophisation, occupe environ 33 % des terres émergées et exerce une pression sur la biodiversité. Ces chiffres n’ont cessé d’augmenter ces dernières années. Cela s’explique notamment par la hausse de la demande de produits d’origine animale : elle a été de 62 % entre 1993 et 2013. Malgré tout, les recommandations nutritionnelles élaborées continuent à être majoritairement guidées par des considérations de santé et éludent bien souvent la question de l’impact environnemental.
 
#2 Certaines recommandations alimentaires constituent historiquement une réponse à la malnutrition dans certaines régions. Mais une partie d’entre elles aboutissent à des comportements devenus non soutenables. C’est le cas par exemple en Afrique du Sud. Les autorités nationales de santé continuent de conseiller une large consommation de produits laitiers. Pourtant, le taux d’obésité a explosé, provoqué par une augmentation de la consommation de sucres, de graisses et de produits d’origine animale. Cette recommandation peut rester souhaitable dans des zones rurales, encore pauvres, mais elle n’est plus adaptée aux citadins. Dans d’autres cas, en revanche, la recommandation génère un impact plutôt positif sur l’environnement, même si ce n’est pas sa finalité première. Aux Etats-Unis, une réduction de la consommation de calories est recommandée à travers une diminution de la consommation de sucres et de produits d’origine animale, ce qui contribuerait à limiter des productions très émettrices de gaz à effet de serre.
 
#3 Dans certains pays à « revenu bas/moyen », l’adoption de recommandations alimentaires nationales conseillant d’augmenter la part de produits d’origine animale peut apparaître logique compte tenu de la malnutrition. Ce doit cependant se faire de manière ciblée, car cela pourrait entraîner une augmentation de 47 à 67 % des gaz à effet de serre. Dans les pays à « haut revenu », les recommandations, essentiellement centrées sur une augmentation de la consommation des fruits et légumes peuvent générer des tensions entre l’impact environnemental et sur la santé, en incitant la consommation de produits hors saison ou de produits issus de serre 5. C’est le cas par exemple des recommandations élaborées par certains pays qui incitent à manger plus de fruits et légumes mais qui n’ont pas l’espace nécessaire pour les produire sur leur territoire. Il est donc nécessaire d’élaborer des recommandations qui tiennent compte des spécificités régionales et culturelles. Ce principe est appliqué avec succès dans les régimes méditerranéens et nordiques. L’important est que la dimension environnementale soit prise en compte.

 

1 Proceedings of the National Academy of Sciences of the United States of America
2 http://www.pnas.org/content/pnas/114/51/13412.full.pdf
3 Paul Behrens, Jessica C. Kiefte-de Jong,Thijs Bosker, João F. D. Rodrigues, Arjan de Koning, et Arnold Tukker
4 Processus par lequel des nutriments s’accumulent dans un milieu ou un habitat (terrestre ou aquatique).
5 Certaines serres peuvent cependant avoir un faible impact sur l’environnement (sans pesticides, consommation d’eau calculée pour éviter tout gaspillage, production énergétique 100% renouvelable, etc.)
Janvier 2018

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Santé environnementale

Soirée de lancement de l’Atlas du Plastique

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Article publié - Publié le 3 mars 2020

Synthèse

« Nous vivons à une époque où nous touchons plus souvent du plastique que nous ne touchons ceux que nous aimons ». Voici les premiers mots de Jens Althoff, directeur du bureau de Paris de la Fondation Heinrich Böll. Cette soirée-débat a été organisée à l’occasion de la publication de l’Atlas du Plastique au Palais de la découverte.  Près de 200 personnes étaient présentes à cette soirée pour participer à nos tables-rondes, animées par Jules Hebert, coordinateur des programmes Transition énergétique, écologique et sociale à la Fondation Heinrich Böll – France et Anahita Grisoni, directrice opérationnelle de La Fabrique Ecologique.
Jens Althoff et Lucile Schmid, vice-présidente de La Fabrique Ecologique ont présenté l’Atlas du Plastique comme le résultat d’une coopération franco-allemande efficace sur le thème du plastique et de ses conséquences. Il est à la fois un « Atlas de responsabilisation » et une source d’inspiration qui nous invite à agir et à débattre sur des questions de justice sociale, d’écologie mais aussi de géopolitique, d’économie, de santé publique… Rappelons que nous ingérons en termes de plastique, l’équivalent d’une carte de crédit par semaine.

 

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Les Controverses Écologiques: Comment cohabiter avec les animaux

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Notes ouvertes au débat collaboratif - Publié le 17 février 2020

Synthèse

Le 13 février en partenariat avec Sorbonne Développement Durable, se déroulait la 5ème édition des Controverses Ecologiques. Le débat : « Comment cohabiter avec les animaux » a été animé par Laurent Simon, professeur de géographie à l’Université Paris 1 – Panthéon Sorbonne. Pour traiter de ce sujet, trois personnalités ont été conviées : Alizé Berthier, docteure en géographie de l’Université Paris 1 – Panthéon Sorbonne ; Gilles Luneau, écrivain, journaliste spécialiste de la PAC et réalisateur ; Anne-Cécile Suzanne, agricultrice et consultante.
Lors de l’introduction de l’événement, Laurent Simon a rappelé que le regain d’intérêt pour cette question était dû à plusieurs facteurs dont l’effondrement de la biodiversité ou encore la crise des modes de production. Selon lui, le recul de la place du sauvage conduit paradoxalement à une multiplication des espaces de rencontre entre humain et non-humain. Il a par la suite relayé les questions de la Controverse : qu’entend t-on par cohabitation ? Quel lien intime autour de ce qui fait société et politique ? L’animal est-il au cœur des débats et d’évolutions fondamentales ?

 

Retrouvez un compte-rendu détaillé de l'évènement ici: