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Les prairies et l’élevage des ruminants au cœur de la transition agricole et alimentaire

Publié le 24 mars 2022

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Notes ouvertes au débat collaboratif - N°44

La Note de La Fabrique Ecologique « Les prairies et l’élevage des ruminants au cœur de la transition agricole et alimentaire » issue du groupe de travail présidé par François Demarcq est désormais disponible en ligne.
Face à l’urgence écologique et aux enjeux sanitaires, la transition agricole et alimentaire, donc de l’élevage, est indispensable mais s’avère complexe. Cette Note s’attelle à résoudre la contradiction apparente entre :
  • le besoin de protéger les prairies permanentes, pour le stock important de carbone qu’elles abritent dans leurs sols et pour les services écosystémiques qu’elles rendent à l’agriculture et à la société,
  • la nécessité de réduire les émissions de méthane dues aux ruminants (environ 9 % des émissions de gaz à effet de serre de la France) et notre consommation de protéines animales (pour suivre les recommandations de santé publique), ce qui passe par la réduction de la place de l’élevage dans notre production agricole.
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Cette note est actuellement ouverte à la co-construction citoyenne. Ceci signifie que chacun(e) peut contribuer à son amélioration en faisant des commentaires et surtout en proposant des amendements précis, soit ci-dessous ou par email à l’adresse contact@lafabriqueecologique.fr. À l’issue de cette période collaborative, le groupe de travail qui a rédigé le document initial se réunira une dernière fois pour retenir les amendements jugés pertinents. Leurs auteurs seront dans ce cas sollicités pour que leur nom figure, s’ils le souhaitent, dans la fiche de présentation de la note en tant que contributeur. La version définitive sera ensuite publiée. 

 

Composition du groupe de travail
Membres du groupe de travail
  • François Demarcq – ingénieur général des mines honoraire
  • Christian Couturier – directeur – Solagro
  • Elyne Etienne – spécialiste des politiques alimentaires durables
  • Michel Duru – directeur de recherche, actuellement chargé de mission à l’INRAE
  • Jacques Morineau – paysan chercheur – réseau CIVAM – Pour une autre PAC
  • Mathilde Boitias – directrice de La Fabrique Ecologique
  • Jean-Christophe Bureau – professeur à AgroParisTech
Grands témoins
  • Bernard Chevassus-au-Louis – président d’Humanité et Biodiversité, inspecteur général de l’Agriculture
  • Christian Huyghe – directeur scientifique Agriculture à l’Inrae

6 commentaires

Pierre Choraine

Il y a 1 mois

Je vous cite "La méthode indique aussi que l’augmentation de la proportion d’herbe dans l’alimentation des animaux permet également de réduire les émissions de méthane, ce qui conduit à valoriser une augmentation du pâturage ou plus généralement d’alimentation à l’herbe ; toutefois, si le “passage à l’herbe” conduit bien à augmenter la teneur en oméga-3 des produits, il s’accompagne en général d’une baisse de l’apport d’amidon, ce qui tendrait à augmenter les émissions de méthane." A la lecture de ce passage, je ne comprends plus si la consommation d'herbe favorise ou non les émission de méthane. J'avais cru comprendre que oui.

Michel Duru

Il y a 2 mois

Réponse à Claude Aubert Séquestration du carbone dans les prairies Notre analyse Les résultats scientifiques les plus récents montrent l’importance de la séquestration du carbone dans les sols, d’une part pour contribuer à compenser les émissions de gaz à effet de serre, d’autre part pour améliorer la fertilité des sols. Les prairies permanentes ont des stocks de carbone bien plus importants que les sols cultivés. Mais c’est pour ces derniers que le potentiel de séquestration est le plus important, notamment en introduisant des cultures intermédiaires (cf. étude de Pellerin). En effet, pour les prairies permanentes, il y a un effet de saturation après quelques dizaines d’années : l’augmentation de la teneur en carbone du sol n’est pas infinie ! Les recherches montrent ainsi que c’est lors des premières années après la transformation d’une parcelle cultivée en prairies que l’accroissement du sol en matières organiques est le plus élevé. Ensuite, on atteint un plateau (cf. figure de P Smith , « le pape » de la séquestration du carbone, ou celle d’Arrouays p 12 de la note). A noter que pour accroître la teneur du sol d’1 t en carbone, il faut apporter environ 100 kg d’azote. Pour ne pas simultanément augmenter les émissions de N2O, il est donc important que cet azote soit fourni par des légumineuses, qui notons-le sont généralement peu présentes dans les prairies permanentes (environ 10%). Bien entendu, la définition administrative des prairies permanentes (plus de cinq ans) est compatible avec le stockage de carbone lors de l’allongement de la rotation d’une prairie temporaire qui devient permanente. Mais le retour des parcelles à une culture « classique » ne permet pas de conforter le stock de carbone. A noter aussi que les estimations de J.F. Soussana ont principalement concerné les prairies temporaires, donc des prairies où le potentiel de séquestration est élevé, et que ces données ont ensuite été abusivement généralisées à l’ensemble des prairies. Enfin, augmenter la surface en prairies permanentes pour bénéficier pendant quelques dizaines d’années de l’effet transitoire de constitution d’un stock de carbone n’est pas non plus une solution généralisable car la surface totale de prairies est déjà suffisante pour nous fournir suffisamment de protéines animales (lait et viande de ruminants) . Acides gras dans les produits animaux Notre analyse Bleu Blanc Cœur est effectivement une marque commerciale. Pour autant, les recherches conduites ou validées par INRAE ont montré que : - Pour les monogastriques, l’apport de lin extrudé permet de doubler ou tripler la teneur en oméga-3 (et encore plus en DHA et EPA) ; le procédé d’extrusion permet de supprimer les facteurs anti-nutritifs présents dans la graine de lin ; - Pour les ruminants, l’herbe est effectivement aussi efficace que le lin pour augmenter la teneur en oméga 3 des produits : c’est complètement vrai au pâturage, un peu moins avec le foin. Les élevages laitiers en bio étant majoritairement basés sur une alimentation à l’herbe, il n’y a pas besoin de lin. Par contre, pour la viande, ce sont les trois derniers mois avant abattage qui comptent. Et les races actuelles de gros gabarit ne permettent pas un engraissement à l’herbe. Pour autant, la note mentionne bien au paragraphe A du chapitre II de la partie II (Labelliser l’élevage « à l’herbe » pour consommer « moins mais mieux ») que l’élevage « bio » repose déjà très fortement en France sur le pâturage et l’alimentation à l’herbe et propose de lui faire bénéficier d’emblée d’une promotion particulière à ce titre.

jean françois coudert

Il y a 2 mois

tres intérésant je suis en limousin et je pense que l agriculture doit évoluer et revoir les aides de l europe

Michel Duru

Il y a 2 mois

Réponse à Claude Aubert par Michel Duru en concertation avec le groupe de travail pour les deux points abordés : séquestration du carbone et composition en acides gras des produits Séquestration du carbone dans les prairies Les résultats scientifiques les plus récents montrent l’importance de la séquestration du carbone dans les sols, d’une part pour contribuer à compenser les émissions de gaz à effet de serre, d’autre part pour améliorer la fertilité des sols. Les prairies permanentes ont des stocks de carbone bien plus importants que les sols cultivés. Mais c’est pour ces derniers que le potentiel de séquestration est le plus important, notamment en introduisant des cultures intermédiaires (cf. étude de Pellerin). En effet, pour les prairies permanentes, il y a un effet de saturation après quelques dizaines d’années : l’augmentation de la teneur en carbone du sol n’est pas infinie ! Les recherches montrent ainsi que c’est lors des premières années après la transformation d’une parcelle cultivée en prairies que l’accroissement du sol en matières organiques est le plus élevé. Ensuite, on atteint un plateau (cf. figure de P Smith , « le pape » de la séquestration du carbone, ou celle d’Arrouys p 12 de la note). A noter que pour accroître la teneur du sol d’1 t en carbone, il faut apporter environ 100 kg d’azote. Pour ne pas simultanément augmenter les émissions de N2O, il est donc important que cet azote soit fourni par des légumineuses, qui notons-le sont généralement peu présentes dans les prairies permanentes (environ 10%). Bien entendu, la définition administrative des prairies permanentes (plus de cinq ans) est compatible avec le stockage de carbone lors de l’allongement de la rotation d’une prairie temporaire qui devient permanente. Mais le retour des parcelles à une culture « classique » ne permet pas de conforter le stock de carbone. A noter aussi que les estimations de J.F. Soussana ont principalement concerné les prairies temporaires, donc des prairies où le potentiel de séquestration est élevé, et que ces données ont ensuite été abusivement généralisées à l’ensemble des prairies. Enfin, augmenter la surface en prairies permanentes pour bénéficier pendant quelques dizaines d’années de l’effet transitoire de constitution d’un stock de carbone n’est pas non plus une solution généralisable car la surface totale de prairies est déjà suffisante pour nous fournir suffisamment de protéines animales (lait et viande de ruminants) . Composition en acides gras dans les produits animaux Bleu Blanc Cœur est effectivement une marque commerciale. Pour autant, les recherches conduites ou validées par INRAE ont montré que : - Pour les monogastriques, l’apport de lin extrudé permet de doubler ou tripler la teneur en oméga-3 (et encore plus en DHA et EPA) ; le procédé d’extrusion permet de supprimer les facteurs anti-nutritifs présents dans la graine de lin ; - Pour les ruminants, l’herbe est effectivement aussi efficace que le lin pour augmenter la teneur en oméga 3 des produits : c’est complètement vrai au pâturage, un peu moins avec le foin. Les élevages laitiers en bio étant majoritairement basés sur une alimentation à l’herbe, il n’y a pas besoin de lin. Par contre, pour la viande, ce sont les trois derniers mois avant abattage qui comptent. Et les races actuelles de gros gabarit ne permettent pas un engraissement à l’herbe. Pour autant, la note mentionne bien au paragraphe A du chapitre II de la partie II (Labelliser l’élevage « à l’herbe » pour consommer « moins mais mieux ») que l’élevage « bio » repose déjà très fortement en France sur le pâturage et l’alimentation à l’herbe et propose de lui faire bénéficier d’emblée d’une promotion particulière à ce titre.

Les prairies et l'élevage des ruminants ...

Il y a 2 mois

[…] La Note de La Fabrique Ecologique « Les prairies et l’élevage des ruminants au cœur de la transition agricole et alimentaire » issue du groupe de travail présidé par François Demarcq est désormais disponible en ligne. Face à l’urgence écologique et aux enjeux sanitaires, la transition agricole et alimentaire, donc de l’élevage, est indispensable mais s’avère complexe. Cette note s’attèle à résoudre la contradiction apparente entre : le besoin de protéger les prairies permanentes, pour le stock important de carbone qu’elles abritent dans leurs sols et pour les services écosystémiques qu’elles rendent à l’agriculture et à la société, la nécessité de réduire les émissions de méthane dues aux ruminants (environ 9 % des émissions de gaz à effet de serre de la France) et notre consommation de protéines animales (pour suivre les recommandations de santé publique), ce qui passe par la réduction de la place de l’élevage dans notre production agricole.  […]

Claude Aubert

Il y a 3 mois

Bonjour, J' ai lu avec intérêt votre article et j'y souscris entièrement. Quelques commentaires : 1) les pratiques stockantes (page 11). C'est la clé du bilan carbone de l"élevage des ruminants. Vous avez repris les conclusions de l'INRAE (Pellerin, 2019) : intensification des prairies permanentes et augmentation du pâturage. Pour l'intensification des prairies permanentes, vous mentionnez l'effet contraire de l'apport d'azote, mais il reste minime si la fertilisation est organique, largement dominante lors d'une intensification modérée, le facteur d'émission étant, selon les dernières données du GIEC, de 0,6% pour l'azote organique et de 1,5 % pour l'azote minéral. Par ailleurs, le potentiel de séquestration est largement sous-estimé. Les dernières estimations (Soussana, 2014) sont de 760 kgC/ha/an, soit 2790 eCO2.. Ce qui peut compenser les émissions de méthne et de N2O, contrairement à ce qui est dit habituellement, à condition que la production reste semi-extensive, de l'ordre de 0,7 à 0,8 UGB/ ha (Soussana, 2014). La désintensification des prairies intensive conduit également à une augmentation de la séquestration, de même qu'une augmentation de la biodiversité et une bonne gestion de la prairie. Vous parlez d'un plafond après quelques années, alors que c'est après quelques dizaines d'années, voire davantage lorsqu'on prend en compte la séquestration à une profondeur inférieure à 30 cm, la teneur en carbone des couches profondes étant en général loin de la saturation. 2) oméga 3 : l'élevage à l'herbe augmente beaucoup, comme vous le signalez, la teneur du lait et de la viande en oméga 3. Mais vous mettez sur le même plan herbe et Bleu-Blanc-Coeur, qui, à ma connaissance, est une marque commerciale. Il aurait à mon avis été préférable de parler de complémentation de l'alimentation avec de l'huile de lin. Par ailleurs, vous ne mentionnez pas les produits bio, qui contiennent en viron 65% d'oméga 3 en plus que les conventionnels, les vaches bio mangeant plus d'herbe que ces dernières. Cordialement Claude Aubert, Ingénieur agronome

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