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14

mai

2024

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Évènement passé

Cérémonie du Prix du Roman d’Écologie 2024

Les intervenants

Lucile Schmid

Présidente et fondatrice du Prix du Roman d’Ecologie, vice-présidente de La Fabrique Ecologique

Lucas Moiselet

Chargé des relations publiques du Prix du roman d'Ecologie, chargé de mission à La Fabrique Ecologique

La Fabrique Ecologique était partenaire du Prix du Roman d’Écologie 2024.
Au terme d’une cérémonie riche en émotions, le prix a été décerné à Clara Arnaud pour son roman Et vous passerez comme des vents fous, publié chez Actes Sud.
Plusieurs séquences ont marqué cette soirée du mardi 14 mai 2024 :
  • Une table ronde animée par Lucile Schmid, vice-présidente de La Fabrique Écologique, avec Lucie Ricot (lauréate 2021) et Vincent Villeminot (lauréat 2020) sur « Comment l’écologie s’est emparée de l’inspiration littéraire ? »
  • Un temps d’échange entre les écrivains finalistes et des étudiants de l’Ecole Nationale Supérieure d’Arts de Paris Cergy et l’Ecole Nationale Supérieure de Paysage de Versailles, à partir d’un extrait de texte choisit dans chaque ouvrage.
  • La remise du prix de l’édition 2024, par Alexis Jenni, Laurent Quintreau et Lucile Schmid.
La vidéo des moments forts de la cérémonie est disponible ici
La Fabrique Ecologique souligne la diversité des ouvrages et la manière plurielle d’aborder l’écologie dans cette belle sélection 2024 :
  • Ananda Devi, pour Le jour des caméléons
  • Clara Arnaud, pour Et vous passerez comme des vents fous
  • Gaspard Koenig, pour Humus
  • Hélène Zimmer, pour Dans la réserve
  • Sophie Vandeveugle, pour Feu le vieux monde
  • Vidya Narine, pour Orchidéiste
Pour Lucile Schmid : « Et vous passerez comme des vents fous » est prémonitoire. Il renvoie à la poésie et au mystère des romans d’écologie que la création du prix il y a 7 ans nous a permis de découvrir et de faire découvrir. Plus de quarante romans ont été sélectionnés depuis. Ils sont autant de récits différents de la grande traversée écologique qui est déjà la nôtre. La forêt, le feu, l’humus, les mystères du vivant, le sauvage et le domestique, nos rêves et nos cauchemars. Ces éléments s’incarnent cette année dans des personnages forts et de vraies histoires.

Remise du PRE 2024

25

avril

2024

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Évènement passé

Transition environnementale : quelles nouvelles étapes pour l’Europe ?

Les intervenants

Nicolas Berghmans

Responsable Europe, expert Énergie-Climat à l'IDDRI

Michel Derdevet

Président de Confrontations Europe et de la Maison de l’Europe de Paris

Adam Forrai

Secrétaire général du Lierre

Géraud Guibert

Président de La Fabrique Ecologique

Clara Léonard

Directrice générale et co-fondatrice de l'Institut Avant-garde

Phuc-Vinh Nguyen

Chercheur en politique française et européenne de l’énergie, Institut Jacques Delors

Mathilde Boitias

Directrice de La Fabrique Ecologique

Voir la vidéo
A l’approche des élections européennes du 9 juin, et suite à la publication de son dossier « Les enjeux écologiques des élections européennes », La Fabrique Ecologique a organisé un atelier-débat, le 25 avril de 18h à 20h à la Maison de l’Europe de Paris. Cet événement était proposé en collaboration avec Confrontations Europe, l’IDDRI, l’Institut Avant-garde, l’Institut Jacques Delors et le Lierre. Un communiqué commun à ces six think-tanks en est également ressorti, alarmant sur le caractère décisif des prochaines élections. Vous trouverez le replay de l’événement  ci-dessous. 
Après une présentation rapide par chaque Think Tank de ses travaux en lien avec « Europe et écologie », le débat s’est suivi d’un échange avec le public, autour des prochaines étapes de la transition énergétique et écologique pour l’Europe.
Cet événement a été l’occasion de s’intéresser aux questions du financement et de l’acceptabilité sociale de la transition, grandes oubliées du Pacte vert.
Les récentes crises agricoles qui s’accompagnent d’une montée du populisme reflètent ces manquements et dressent une critique de l’approche descendante du pouvoir qui élude les préoccupations quotidiennes d’une partie de la population.
Les élections européennes à venir, apparaissent donc comme un tournant politique soit vers un recul de la transition écologique et sociale, soit vers son accélération. L’enjeu est alors de rendre la transition désirable, ce qui implique d’alimenter l’optimisme par rapport à celle-ci, et de décloisonner les sujets. L’attention doit ainsi être portée sur la réduction des inégalités tout en soulignant les bénéfices de la transition écologique et sociale en termes d’emplois ou de souveraineté énergétique par exemple.
Et les principaux leviers d’action pour répondre à l’épuisement budgétaire et celui de la planète reposent sur les sources et orientations du financement, laissant apparaître de nombreuses problématiques sous-jacentes. Parmi celles-ci, nous retrouvons les questions autour des prisonniers énergétiques, du lien entre sphère universitaire et décideurs, mais aussi celles autour de la diminution du nombre de projets citoyens qui fragilisent les principes démocratiques. Toutes ont en commun le manque d’aides financières pour y remédier.
A cela s’ajoutent, la nécessité d’assurer la compétitivité économique des acteurs écologiques, l’impératif de rendre les produits et services durables plus accessibles que les autres et le rétablissement du dialogue démocratique avec les acteur.rice.s loca.ux.le.s. Enfin au niveau des coûts qui restent à intégrer pour mener la transition, nous retrouvons ceux liés à la transformation de certains métiers et aux formations associées mais aussi aux dommages résultant du réchauffement climatique.

25

mars

2024

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Conférence de présentation de l’Atlas des pesticides – Semaine pour les alternatives aux pesticides

Les intervenants

Sarah Champagne

Coordinatrice des programmes Transition énergétique, écologique et sociale de la Fondation Heinrich Böll

Mathilde Boitias

Directrice de La Fabrique Ecologique

Jill Madelenat

Directrice des études à La Fabrique Ecologique

François Veillerette

Porte-parole de Générations Futures

Camille Bouko-Levy

Membre de l'Observatoire Terre-Monde

Christophe Alliot

Co-fondateur du Basic

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Dans le cadre de la 19ème édition de la Semaine pour les alternatives aux pesticides (SPAP) coordonnée par l’association Générations Futures, la Fondation Heinrich Böll et La Fabrique Écologique ont organisé une table-ronde de présentation de l’Atlas des pesticides publié en mai 2023.
Ce webinaire a présenté les différents articles de l’atlas, avec un focus sur l’actualité et sur la santé, qui est la thématique retenue pour cette édition de la SPAP. Plusieurs contributeur·rices de l’Atlas ont présenté leur article à savoir Christophe Alliot, Co-fondateur du Basic, Mathilde Boitias, Directrice de La Fabrique Ecologique, Camille Bouko-Levy, Membre de l’Observatoire Terre-Monde, Jill Madelenat, Directrice des études à La Fabrique Ecologique et François Veillerette, Porte-parole de Générations Futures.
Cet événement a été l’occasion de dresser un état des lieux et de se focaliser sur les éternels oubliés des enjeux autour des pesticides à savoir les coûts sociétaux qui en découlent et l’impératif de justice sociale pour y remédier.
L’Union européenne, en représentant ¼ du marché des pesticides et en tant que plus grand exportateur de ces substances, est au cœur de ces problématiques. Pourtant avec le retrait de la loi SUR (Sustainable Use regulation), suite à la crise agricole en Europe, le signal envoyé par la Commission Européenne apparaît contradictoire. A cela s’ajoute la persistance sur le marché européen de pesticides ayant pourtant déjà été interdits.
Si des scénarios de modèles agricoles alternatifs aux pesticides viables en termes de souveraineté alimentaire et de bienfaits à la fois dans la lutte contre le dérèglement climatique et l’érosion de la biodiversité existent, des freins à cette transition demeurent très présents.
Parmi ces obstacles, nous retrouvons un lobbying important et une majorité de subventions en faveur d’une agriculture productiviste très consommatrice en pesticides, des choix de métriques questionnables et pourtant cruciaux, et un contexte socioéconomique qui peine à évoluer. En effet, des transformations structurelles du système agricole doivent être engagées, et pour ce faire, un nouveau contrat social dans lequel les pesticides ne seraient plus un élément structurant doit être défini.
Cet enjeu est d’autant plus important que les coûts de l’inaction sont colossaux et sont très différents en fonction des régions, les territoires ultramarins étant les premières victimes.
Bien que ces derniers concentrent une majorité de la biodiversité française, ils demeurent mis à l’écart par l’hexagone. La question de justice sociale est donc centrale, et elle doit s’accompagner d’une politisation du débat et de la prise en compte des populations les plus concernées. Changer le système socioéconomique implique ainsi d’intégrer le contexte post-colonial des Outre-Mer dans une perspective d’écologie décoloniale.

27

février

2024

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Colloque Transition juste des mobilités : quelles attentes et quelles solutions ?

Lucile Schmid

Vice-présidente de La Fabrique Ecologique

Programme
La Fabrique Ecologique a co-organisé le colloque « Transition juste des mobilités : quelles attentes et quelles solutions ? », le mardi 27 février 2024, chez Leonard, 6 place du colonel Bourgoin, 75012 Paris ; avec La Fabrique de la Cité, l’Ecole des Ponts ParisTech et le Lab recherche environnement, en partenariat avec Mobilettre, NewsTank Mobilités, L’Hémicycle, et avec le soutien de VINCI Autoroutes. 13 millions de citoyens français se trouvent dans une situation de précarité liée à la mobilité. Dans quelle mesure les solutions déployées, comme la gratuité des transports, la tarification différenciée, le covoiturage, les services express régionaux métropolitains, etc. peuvent-ils la résorber ? Comment concilier les attentes et besoins relatifs à la mobilité avec la transition écologique ? Cette matinée a permis de réfléchir et débattre sur la transition juste en matière de mobilité, de la clarifier, d’en comprendre les enjeux et les limites.
Lucile Schmid, vice-présidente de La Fabrique Ecologique, a posé la question introductive : assumer la dimension sociale et politique de la transition écologique. Quelle traduction dans la vie de la cité ? Elle a notamment souligné la similitude entre l’origine du mouvement des gilets jaunes et la révolte actuelle du monde agricole, qui découlent tous deux d’une incapacité politique à faire de la transition écologique une transition sociale. Ces crises révèlent une inadéquation entre les objectifs environnementaux des mesures et leur traduction sociale dans le quotidien des citoyens.
Anthony Briant, directeur de l’école des Ponts ParisTech, a rappelé l’importance de la responsabilité des ingénieurs dans la transition juste. Pour un changement de paradigme dans un monde confronté au dérèglement climatique, il a opérée une transformation au sein de PontsParisTech : les cours dispensés sortent de la logique scientifique unique et s’ouvrent à d’autres champs disciplinaires, intégrant plus de sciences sociales.
La séquence 1 visait à définir les grands enjeux d’une transition juste.
Solange Martin, sociologue à l’ADEME, a mis en garde sur le terme « transition juste », qui peut s’apparenter à un mot valise dont il faut se méfier. Il ne faut pas renier la dimension holistique de la transition, qui n’est pas juste environnementale, mais aussi sociale et économique. Elle a aussi rappelé que le niveau de revenu et le taux de chômage évoluent pour bien d’autres raisons que la transition. Il faut donc sortir de cette tendance à la diaboliser la transition, et de manière générale les mesures écologiques, qui n’ont pas à « payer les pots cassés ».
Puis Rayane Al-Amirn Dache, doctorante au sein du laboratoire Ville Mobilité Transport, a illustré les inégalités sociales de déplacement, épaulée par Marie Dégremont, directrice des études de La Fabrique de la Cité. Selon les études du labo LVMT, le constat est clair : les plus pauvres dépensent bien plus dans les transports (en termes de part de revenu). Les ménages les plus modestes habitent généralement en dehors des centres-villes. Les inégalités se matérialisent donc dans les temps de transports, et en termes de vulnérabilité générale. Car ils sont les premiers impactés en cas d’augmentation du prix du pétrole ou du forfait de transport. Le manque d’alternative marque aussi ce caractère contraignant des transports pour les bas revenus.
Virginie Boutueil, chercheuse de l’Ecole des Ponts ParisTech, a remarquablement mis en perspective les initiatives françaises de transition juste dans un contexte international divers. La réflexion sur les mobilités est menée au niveau européen, mais mérite d’avoir une vision plus globale, en regardant les situations sur d’autres continents. Ainsi, même si l’Union Européenne interdit la vente de véhicules thermiques à partir de 2035, l’industrie européenne continuera d’en produire et d’en exporter à travers le monde. Les initiatives et règlementations nationales doivent donc s’inscrire dans une dynamique transnationale pour ne pas être caduques.
La séquence 2 a abordé l’adhésion des citoyens français à la transition juste.
Lors d’un regard croisé avec André Broto, auteur de « 40 idées reçues sur les transports », le chercheur Aurélien Bigo a montré que les plus gros pollueurs n’étaient pas incités à réduire leurs déplacements, et donc la pollution inhérente. Il a mis en avant les véhicules intermédiaires, à la mi-chemin entre vélo et voiture, qui devraient jouer un rôle déterminant dans la transition des transports. Cette thèse est particulièrement bien détaillée dans la note « Pour une mobilité sobre : la révolution des véhicules légers » rédigée par Jill Madelenat, directrice des études de La Fabrique Ecologique. Puis Franck Dhersin, sénateur du Nord, a montré comment les régions s’endettent pour sauver les infrastructures de transport.
La séquence 3 s’intéressait aux politiques pour enclencher et accompagner cette transition.
Gilles Dansart, directeur de Mobilettre, a animé une première table ronde sur la place des incitations économiques, avec Yves Crozet, économiste, et Dominique Bureau, de l’Inspection général de l’Environnement et du Développement durable. Pour Yves Crozet, du laboratoire Aménagement Economie Transports, la gratuité des transports est possible dans une partie du Nord, comme c’est le cas à Dunkerque, grâce aux nombreuses industries à Dunkerque qui rapporte des contributions financières, mais pas partout. Il cite une autre modalité mise en place à Strasbourg, où la tarification des transports est fonction du niveau de revenu (tarif solidaire).
La seconde et dernière table ronde, animée par Mathilde Boitias, directrice de La Fabrique Ecologique, traitait de l’importance d’adapter la transition aux spécificités des territoires. Pour Pierre Zembri, chercheur au laboratoire LVMT, on a tendance à « troquer de la proximité pour de la vitesse ».
Bertrand Folléa, paysagiste-urbaniste, a souligné le risque de se limiter à une approche macro et quantitative de la transition juste et la nécessité de réintroduire une approche sensible dans le débat. Au-delà des chiffres et des histogrammes, qui ont certes leur pertinence, il a invité à partir du point de vue du citoyen dans son quotidien. La transition implique une transition culturelle, il faut redonner de la désirabilité aux transports. La symbolique doit s’allier à la pratique, car le bus et le train ne doivent pas rajouter du temps de transport et de l’incertitude à ceux qui en souffrent déjà le plus. La sobriété n’est pas qu’une question d’énergie, mais aussi de rapport au temps.
Julien Thomas, de VINCI Autoroutes, a présenté le cas du bassin toulousain, dense et étendu, où 1/3 des travailleurs de l’agglomération font au moins 25 km aller pour se rendre au travail. Enfin Manon Eskenazi, chargée de recherche à l’École des Ponts ParisTech, labo LVMT, a rappelé que si le vélo est l’objet vitrine de la transition écologique, la politique du vélo n’est pas égalitaire. Elle ne touche pas tous les profils ou pas de la même manière. Dans les faits, ce sont davantage les hommes actifs qui utilisent régulièrement le vélo. Et les politiques de transport ont aussi tendance à invisibiliser les déplacements en vélo.
En conclusion, Gilles Dansart, directeur de Mobilettre, a souligné la richesse des interventions et la pluralité des points de vue partagés, nécessaire à l’avancée démocratique pour une transition juste !

29

novembre

2023

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La grande redistribution ? Ecologie et démocratie au sein des supermarchés coopératifs

Les intervenants

Jill Madelenat

Directrice des études à La Fabrique Ecologique

Mathilde Boitias

Directrice de La Fabrique Ecologique

Un membre de La Cagette

Montpellier

Une membre de 400COOP

Paris 11ème

Un membre de Coop 14

Paris 14ème

Une membre de Supercafoutch

Marseille

Un membre de La Louve

Paris 18ème

Hajar El Karmouni

Maîtresse de conférences en sciences de gestion à l'Université Paris-Est Créteil

Gregori Akermann

Sociologue et chargé de recherche à l'INRAE

Voir la vidéo Lire l'étude
La Fabrique Ecologique vous a présenté, jeudi 29 novembre 2023 à l’Académie du Climat, son étude sur les supermarchés coopératifs menée par Jill Madelenat, directrice des études à La Fabrique Ecologique, avec le soutien de la Fondation Daniel et Nina Carasso sous l’égide de la Fondation de France.
La première partie de la présentation était dédiée à la présentation de ces initiatives. Les supermarchés coopératifs sont des mouvements relativement récents qui naissent d’un point commun : des citoyens non satisfaits du système alimentaire. La dimension participative et démocratique est inhérente à ces projets. Il faut participer à la vie du magasin pour pouvoir y faire ses courses. L’histoire des coopératives est très longue. La première a vu le jour à Lyon en 1835. Les coopératives alimentaires ont connu une histoire de 150 ans avant un effondrement brutal en 1985. Historiquement, la part des ouvriers et des artisans est importante dans les supermarchés coopératifs. On peut les définir par les caractéristiques suivantes : la marge constante et transparente sur tous les produits (point fondamental de différence avec la grande distribution), la non-lucrativité et le travail bénévole. Il s’agit là des 3 piliers de base pour offrir une alimentation alternative, plus durable et qui rémunère mieux les agriculteurs. On compte aujourd’hui plus de 340 coopératives en France, dont la moitié en zone rurale.  
La présentation de l’étude s’est articulée autour de plusieurs axes dont la place de l’écologie au sein des supermarchés coopératifs. Une grande partie de la population n’arrive pas à se nourrir comme elle le voudrait d’un point de vue sanitaire et qualitatif. La Louve a choisi d’accueillir tous les produits sans aspect moralisateur. “On aurait rêvé d’avoir que des produits bio” affirme le membre de La Louve. Sa volonté 1ère est d’être un supermarché inclusif et de permettre à tout le monde d’avoir la consommation qu’il veut, sans créer de club. Les supermarchés coopératifs ont plusieurs objectifs dont la combinaison ne peut être optimum : bio, peu cher, qui rémunère les agriculteurs à la juste valeur. Il faut donc faire des choix. Avoir l’ensemble des produits permet de faire basculer les gens vers du bio. « Si on a que du bio, on va attirer que des gens qui consomment déjà bio . » En attirant des gens qui ne consomment pas seulement bio, alors ils basculeront peut-être vers une consommation plus respectueuse de la planète ce qui est un autre objectif des supermarchés coopératifs. A contrario, 400 COOP fait le choix d’exclure certains produits pour diverses raisons possibles. Le supermarché coopératif parisien a retiré un fruit en provenance d’Espagne de ses étalages pour ne pas aggraver la sécheresse qui touchait les exploitations dans le pays. Le magasin est doté d’une charte qui veille à ce que les produits soient les plus éthiques possibles : qualité, prix, provenance, type d’agriculture, etc. Lorsqu’un nouveau produit entre dans le magasin, un travail de fond est fait sur l’origine de ce produit : mode de production, traitement des producteurs, etc.  
Concernant la question des emballages, le membre de La Cagette pense que le vrac en supermarché coopératif ne permettait pas pour l’instant de régler le problème. Les produits en vrac sont reçus dans des films plastiques qui sont par la suite transportés par les clients dans des emballages papiers. Il y a là la nécessité que tout le monde apporte ses propres contenants.
Gregori Akermann a réalisé une étude sur l’évolution des pratiques d’achat des membres de La Cagette. On observe des changements de pratique : les gens consomment plus de produits bio et en vrac mais cela correspond-t-il a une écologisation des pratiques de consommation ? Est-ce dû aux phénomènes d’augmentation générale de cette consommation ou des phénomènes de report ? Observe-t-on une augmentation des bonnes pratiques dans les supermarchés coopératifs parce qu’il y a une division des courses ? Les bonnes pratiques de consommation se feraient dans les supermarchés coopératifs et les mauvaises dans la grande distribution. Une fois que les gens arrivent à La Cagette, on observe une réduction de leur fréquentation de la grande distribution mais cela ne promet rien sur la réduction des mauvaises pratiques alimentaires.
La discussion s’est ensuite tournée vers les difficultés rencontrées par les différentes structures et leurs tentatives de résolution. Est-ce souhaitable de maintenir le travail bénévole ? Une grande tension des supermarchés coopératifs est la coprésence du salariat et du bénévolat. Il s’agit là d’une grande différence avec les premiers supermarchés coopératifs du 19ème siècle où il n’y avait pas d’obligation de travailler dans le supermarché pour pouvoir y faire ses courses. Hajar El Karmouni nous en dit plus sur le triple statut consommateur-coopérateur-travailleur. Au 19eme siècle, les ouvriers ne trouvaient pas de produits à des prix non faramineux, l’objectif était d’acheter des produits de première nécessitée en gros pour les revendre à prix coûtant en faisant de la coopérative une école de démocratie et œuvrer en faveur de l’émancipation économique des travailleurs.
La question de la mixité sociale est ancienne. Dans les supermarchés coopératifs on a une surreprésentation des diplômés, de la classe moyenne et supérieure. On observe une hétérogénéité économique avec très peu de personnes en situation de précarité alimentaire. 60-70% des membres sont des femmes ce qui était déjà le cas au 19eme siècle. Certaines coopératives mettent en place des mesures de réduction de prix pour les personnes bénéficiant de parts à tarif réduit sans que ce ne soit stigmatisant comme c’est le cas notamment de Coop14. La coopérative a également mis en place une politique d’animation d’ateliers cuisine pour les « habitants d’en face ». Il s’agit là d’une manière d’attirer un public aux revenus faibles sans contrainte d’achat. 
La mixité sociale est un problème de société nous explique Gregori Akermann. C’est l’homogamie sociale, l’homophilie sociale. On est face à des sociétés qui se constituent en groupes homogènes. La mixité sociale est d’aller à l’encontre des gens qui nous ressemblent. Les systèmes coopératifs tirent leur épingle du jeu en se fondant sur un objectif de mixité sociale pour la transformation des pratiques mais restent pourtant des lieux très homogènes. Les coopératives ne se demandent pas comment construire un projet avec une base mixte mais comment ouvrir les portes à des gens différents.

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