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Bitcoin : une menace de plus pour l’humanité ?

Publié le 26 mars 2019

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Article de l’Oeil - N°26

Publié en octobre 2018 dans Nature Climate Change par Camilo Mora, Randi L. Rollins, Katie Taladay, Michael B. Kantar, Mason K. Chock, Mio Shimada et Erik C. Franklin, l’article « Bitcoin emissions alone could push global warming above 2°C»1, explique comment cette nouvelle technologie pourrait se révéler bien plus dangereuse qu’elle n’y paraît. Cette étude de l’Université de Hawaï explique en effet que, du fait de sa grande consommation d’énergie, la seule utilisation du Bitcoin pourrait engendrer un réchauffement planétaire qui nous emmènerait au-delà de la limite des 2°C.
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Le Bitcoin est ce qu’on appelle une cryptomonnaie. C’est un moyen de paiement décentralisé et dématérialisé, où les transactions font l’objet d’une « preuve de travail » – c’est-à-dire l’utilisation par les « mineurs » d’une forte puissance de calcul pour les sécuriser. C’est justement cette étape qui a intéressé les auteurs de l’article, qui ont étudié les émissions de gaz à effet de serre dues à l’utilisation du Bitcoin 1. Dans leur article, ils concluent que l’énergie demandée est telle que si l’utilisation du Bitcoin venait à se répandre, les émissions générées consécutivement à cette utilisation seule suffiraient à nous amener à un réchauffement planétaire de plus de 2°C. Cette conclusion a valu à l’étude d’être critiquée, notamment de la part d’un entrepreneur de blockchain 2. Enfin, cette étude, avec le débat qu’elle génère, soulève la question de l’utilité réelle du Bitcoin (3).
 
#1 L’argument des chercheurs réside dans le fait que chaque transaction effectuée en utilisant le Bitcoin nécessite de fortes quantités d’électricité, qui elles-mêmes émettent des gaz à effet de serre. L’équipe a ainsi estimé que l’usage du Bitcoin a généré 69 MtCO2 4 en 2017. Le problème vient de l’importance des émissions du Bitcoin comparé à la faible part de l’utilisation de cette technologie au sein des paiements dématérialisés au niveau mondial (~0,033% en 2017), et du potentiel effet qu’aurait une amplification de son usage dans les années à venir.

 

#2 Ainsi, l’étude montre que l’accumulation seule des émissions de Bitcoin franchirait la limite d’émissions pour rester en dessous des 2°C en 22 ans si le rythme de développement est similaire à celui des technologies les plus lentes à avoir été adoptées. S’il est comparable à celui des technologies dont l’adoption a été la plus rapide, cela ne pourrait prendre que 11 ans. Pour Sébastien Gouspillou 5, entrepreneur de blockchain, l’hypothèse des chercheurs selon laquelle la consommation électrique serait proportionnelle au nombre de transactions serait fausse, car le réseau construit serait déjà presque assez important pour assurer une finance mondiale. Plus généralement, pour lui l’augmentation de la puissance électrique du réseau ne pourrait pas continuer ainsi car elle serait limitée par la disponibilité en électricité.

 

#3 Ces différentes opinions permettent de soulever la question de l’utilité réelle du Bitcoin, ce qui est rarement fait. Ainsi, un point de vue serait que cette technologie aurait surtout un intérêt pour tous ceux ne disposant pas de système monétaire fiable. Il semble cependant qu’elle soit aujourd’hui majoritairement utilisée à des fins spéculatives dans les pays développés 6. Le Bitcoin serait aussi une source de rentabilité pour les projets de production d’électricité renouvelable en assurant sur le site un socle minimal de consommation garantie, et serait ainsi un moteur de la transition énergétique. Cependant si les conclusions de l’étude sont avérées, l’utilité sociale et environnementale ne sera probablement pas d’une grande aide face à la catastrophe annoncée.
 
1 L’article est disponible ici : file:///C:/Users/lucas/Downloads/NatCliChange_Emissions.pdf
2 Individus vérifiant les transactions et opérations effectuées par les utilisateurs sur le réseau.
3 La blockchain est une technologie de stockage et de transmission d’informations.
4 Metric tons of carbon dioxide equivalent.
5 L’article est disponible ici : https://www.lemonde.fr/idees/article/2018/12/02/le-bitcoin-ne-fera-pas-rotir-la-planete_5391723_3232.html
6 https://fr.statista.com/statistiques/665645/nombre-de-distributeurs-de-bitcoin-par-pays-monde/

Consommation

Énergie

Mobilité

Les Controverses Écologiques: Comment faciliter le développement d’initiatives énergétiques sur les territoires?

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Article publié - Publié le 18 novembre 2019

Synthèse

Ce 14 novembre, la Fabrique Ecologique en partenariat avec la Sorbonne Développement Durable proposait sa quatrième édition de Controverses Ecologiques autour de la question : « Comment faciliter le développement d’initiatives énergétiques sur les territoires ? ». Animé par Géraud Guibert, président de la Fabrique Ecologique, quatre personnalités étaient présentes: Marjolaine Meynier-Millefert, députée de l’Isère, Fanélie Carrey-Conte, Secrétaire Générale et directrice coopération à Enercoop, Michel Derdevet, Maître de Conférences à Sciences Po et Professeur au Collège d’Europe de Bruges et Marie Dégremont, chercheure au Centre de Sociologie des Organisations de Sciences Po Paris.
 
Dans une première partie de la Controverse, les intervenants ont relevé la multiplication des initiatives énergétiques locales ces dernières années. Pour Marie Dégremont, la volonté citoyenne de s’approprier les ressorts de la transition énergétique est devenue récurrente et cela nécessite de moins aborder la question sous un angle techniciste. Dans la même logique, Fanélie Carrey-Conte a relaté une partie de son expérience à Enercoop, qui développe des initiatives locales auprès des citoyens, et exprimé le caractère profondément démocratique de ce type de projets. Pour autant, Marjolaine Meynier-Millefert a souhaité questionner la place que doit avoir le citoyen dans un débat aussi technique et dont la responsabilité relève historiquement, notamment pour des questions de sécurité d’approvisionnement et de justice dans la distribution, de l’Etat.

Retrouvez un compte-rendu détaillé de l'évènement ici:

Climat

Énergie

Transition écologique : quelle régulation pour la publicité automobile ?

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Article de l’Oeil - N°29 - Publié le 4 septembre 2019

Synthèse

Article publié en juillet 2019 dans Transportation Research Part D : Transport and Environment par G. Pedros-Perez, P. Martínez-Jiméneza et P. Aparicio-Martinez sous le titre "The potential of car advertising in pursuing transport policy goals : Code of good practices in the Spanish context"1.