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Le nationalisme des ressources : la nouvelle géopolitique des minéraux critiques

Publié le 1 juillet 2026

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Article de l’Oeil - N°66

“National Resource Nationalism Risk Index: Institutionalized Resource Nationalism and Implications for Energy Transition” est un article rédigé par Weijia Liu, Shiquan Dou et Franklin Amuakwa-Mensah et publié dans la revue Global Environmental Change en 2026. Les auteurs s’intéressent à la montée des interventions étatiques dans les chaînes d’approvisionnement en minéraux critiques et à leurs conséquences sur la transition énergétique. À partir d’un nouvel indice mondial, ils montrent que le « nationalisme des ressources » est devenu une caractéristique structurelle de la gouvernance des minerais stratégiques.
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#1 Longtemps considéré comme une idéologie, le nationalisme des ressources désigne désormais un ensemble d’interventions étatiques visant à influencer les chaînes de valeur des ressources minérales. Une chaîne de valeur correspond à l’ensemble des étapes permettant de transformer une ressource en produit utilisable. Pour les minerais critiques, elle comprend leur extraction et transformation, puis la fabrication de produits industriels.  Les travaux existants sur les risques liés aux minéraux critiques se concentrent sur des facteurs de marché : concentration de la production, dépendance commerciale, volatilité des prix. Or ces approches négligent un facteur devenu central : les interventions des États. Celles-ci peuvent modifier drastiquement les conditions d’approvisionnement et créer des ruptures dans les chaînes de valeur, comme l’illustrent les restrictions sur le nickel en Indonésie ou les contrôles chinois sur les terres rares. Pour intégrer ce facteur, les auteurs construisent un indice mondial de risque de nationalisme des ressources (RNRI), fondé sur 619 interventions politiques entre 2000 et 2023.
#2 Les résultats montrent une hausse continue du risque de nationalisme des ressources depuis le début des années 2010. Cette évolution tient moins à une diffusion généralisée des politiques qu’à leur concentration dans un nombre limité de pays et à leur caractère durable et institutionnalisé. Le risque est particulièrement élevé pour les minéraux critiques essentiels à la transition énergétique (lithium, cobalt, nickel, cuivre, terres rares), dont la production et la transformation sont concentrées géographiquement. Il concerne à la fois les pays producteurs (Chili, Pérou, République démocratique du Congo, Indonésie) et plusieurs économies industrialisées (Chine, Australie, Canada, États-Unis, Union européenne, Japon), qui ont renforcé leurs interventions via des contrôles à l’exportation, des subventions industrielles ou des politiques de sécurisation de l’approvisionnement. Cette double concentration suffit désormais à influencer fortement la stabilité des chaînes mondiales.
#3 Cette évolution traduit une transformation structurelle du système mondial des minerais critiques. Elle entraîne une fragmentation croissante des chaînes d’approvisionnement, les pays recourant à des stratégies d’alliances, de régionalisation ou de sécurisation bilatérale pour limiter leur exposition aux risques.  Ces dynamiques réduisent la flexibilité des marchés et augmentent les coûts et tensions liées à la transition énergétique. À mesure que ces interventions deviennent structurelles, les risques deviennent systémiques. Les auteurs soulignent la nécessité de renforcer la coordination internationale et d’améliorer la transparence des politiques publiques pour limiter ces effets systémiques. Sinon, la fragmentation pourrait ralentir la décarbonation et favoriser les inégalités entre pays dans l’accès aux technologies propres.
L’Europe et le retour de la politique des ressources
En Europe, le règlement sur les matières premières critiques (Critical Raw Materials Act) de 2024 vise à réduire la dépendance aux importations en développant les capacités d’extraction, de transformation et de recyclage. Cette stratégie est également visible en France, où l’exploitation d’un gisement de lithium dans l’Allier est envisagée à l’horizon 2030 afin d’alimenter la fabrication de batteries. Ce projet, présenté comme un levier de souveraineté industrielle et de décarbonation, ouvre la voie à de nouvelles activités minières. Toutefois, derrière cette volonté de sécurisation des besoins pourrait également se dessiner une logique plus compétitive visant à renforcer la position européenne dans les chaînes de valeur des minéraux critiques. Dès lors, où s’arrête la souveraineté industrielle et où commence le nationalisme des ressources ? Sans apporter de réponse définitive, l’article invite à considérer certaines politiques de souveraineté sous un autre jour, en soulignant leur contribution potentielle à la fragmentation des chaînes d’approvisionnement mondiales.

L’avis de Pauline Bureau, Vice-présidente de LFE

Le concept de nationalisme des ressources constitue un outil puissant pour penser les dérives potentielles de politiques visant une plus grande souveraineté nationale, et pour les concevoir de manière à ce qu’elles ne se fassent pas au détriment des pays les plus vulnérables.

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« Les eaux ne sont pas neutres » : quand les crises climatiques révèlent les inégalités environnementales

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Article de l’Oeil - N°64 - Publié le 26 octobre 2026

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« Les eaux ne sont pas neutres : les Terreiros du Rio Grande do Sul dans un contexte de crise climatique et le racisme environnemental » 1 (notre trad.) est un article écrit par les chercheuses brésiliennes Cláudia Luisa Zeferino Pires et Tanara Forte Furtado, publié en 2026 dans la revue « Revista Direito e Praxis ». Les autrices s’intéressent aux inondations ayant touché l’État brésilien de Rio Grande do Sul en 2024. À travers l’exemple des Terreiros (lieux de culte de religions afro-brésiliennes), elles analysent les liens entre vulnérabilité climatique et processus historiques de ségrégation spatiale et d’exclusion sociale.

 

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Quand la jeunesse manifeste pour son avenir

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Article publié - Publié le 22 octobre 2026

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Cette publication, issue des réflexions de trois chargés de mission à La Fabrique Écologique Elena Heiss, Lyna Chaïb et Stan Dulery, revient sur les récentes mobilisations de la jeunesse, nées dans les lycées ultramarins et de banlieue avant de s’étendre aux universités et à l’international, pour montrer en quoi elles traduisent une angoisse existentielle face au manque de moyens pour l'éducation, à la précarité et à l'avenir climatique. L’écoute politique et la réponse aux revendications concrètes apparaissent alors comme des impératifs d’équité et de justice sociale. Toutefois, ce dialogue est menacé par le prisme sécuritaire et médiatique qui tend à réduire cette contestation aux seuls débordements violents, au risque d'invisibiliser les urgences matérielles et écologiques qu'elle soulève.
La Fabrique Écologique avait mené précédemment plusieurs travaux sur la jeunesse (voir les articles liés). Elle mène un travail dans le cadre d’Erasmus plus sur la jeunesse et les enjeux climatiques.