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Transition écologique : quelle régulation pour la publicité automobile ?

Publié le 4 septembre 2019

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Article de l’Oeil - N°29

Article publié en juillet 2019 dans Transportation Research Part D : Transport and Environment par G. Pedros-Perez, P. Martínez-Jiméneza et P. Aparicio-Martinez sous le titre « The potential of car advertising in pursuing transport policy goals : Code of good practices in the Spanish context »1.
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Dans le contexte du changement climatique, il est nécessaire que le secteur routier réduise fortement ses émissions de gaz à effet de serre. Le transport représente environ un quart des émissions de gaz à effet de serre au niveau mondial. Cette étude se concentre sur l’impact de la publicité sur les émissions du domaine des transports. Se penchant sur le cas du marché automobile espagnol, les auteurs ont analysé l’importance de la publicité dans la transition du secteur automobile (1), en montrant les mauvaises pratiques du secteur (2) et en proposant plusieurs mesures pour permettre à la publicité de jouer un rôle positif dans la transition écologique de la filière (3).
#1 Le secteur automobile espagnol a dépensé en 2017 plus de 505 millions d’euros en publicité (soit une hausse de 7,6 % par rapport à l’année précédente). Il se positionne ainsi en tête de liste des investissements publicitaires. A travers son rôle d’interface entre les citoyens et l’industrie, la publicité pourrait avoir un rôle majeur dans la promotion d’attitudes, de produits et de services associés à une démarche bas-carbone. Cependant, la diffusion de fausses informations ou l’absence de données en rapport avec l’impact environnemental du transport peut aller à contre-courant des ambitions écologiques, comme c’est le cas aujourd’hui.

 

#2 L’étude montre que les bonnes pratiques publicitaires, destinées à engager l’usager à comprendre l’impact environnemental des véhicules, sont minoritaires. Ainsi, les mentions dans les publicités des termes de « mobilité durable », « économie d’énergie » ou encore « changement climatique » sont pratiquement inexistantes. Les constructeurs font également un effort particulier pour cacher les émissions de CO2 et la consommation de carburant (informations absentes, écrites en petit, à la verticale…). Les labels énergétiques ou d’autres données permettant une comparaison entre plusieurs modèles de véhicules sont la plupart du temps absents. De plus, certains véhicules sont présentés dans des situations ne correspondant pas à leurs caractéristiques (véhicules tout-terrain en ville).

 

#3 Par leurs travaux, les chercheurs invitent à repenser la publicité comme un moyen de faire évoluer les usages et les technologies de l’industrie automobile. Pour cela, ils mettent en avant un code de bonnes pratiques composé de 28 mesures. Ces recommandations préconisent notamment un affichage clair des émissions des véhicules, l’inclusion de slogans écologiques (comme « Utilisez votre véhicule avec modération ») ou encore la promotion d’autres moyens de transport. En outre, il prône la construction d’un dialogue avec les constructeurs en mettant notamment en place un observatoire spécifique sur le rapport entre la publicité et l’environnement. 

 

L’avis de Thierry Libaert, Vice-président de La Fabrique Ecologique
L’automobile est un des secteurs qui dépense le plus en publicité. 1er en Espagne, il est le 2e en France derrière la grande distribution. Renault, Peugeot et Citroën figurent dans le top 10 des entreprises qui investissent le plus en publicité. Ce secteur a une responsabilité particulière dans la transition écologique. Les débats au Parlement sur le projet de loi Mobilité se sont fait l’écho d’un souhait d’encouragement publicitaire à la mobilité partagée ou décarbonée. Par l’obligation de publier les émissions de CO2 ou l’interdiction de présenter des véhicules dans des espaces naturels, la France a pris conscience du problème. Au vu de l’impact des transports dans le dérèglement climatique (Le transport est le 2eme secteur contributif, dont 75% pour le transport terrestre), il est nécessaire d’aller plus loin.

 

 

1 Retrouvez l’étude ici : https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S1361920918306941?via%3Dihub

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Auditions des candidats à l’élection régionale en Île-de-France

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Article publié - Publié le 5 mai 2021

Synthèse

Le 4 mai 2021, La Fabrique Écologique et le Forum Vies Mobiles ont organisé une audition des principales têtes de liste à l'élection régionale en Île-de-France sur la thématique "mobilité, modes de vie et transition écologique". Clémentine Autain, Julien Bayou, Stéphane Beaudet (qui représentait Valérie Pécresse), Audrey Pulvar et Laurent Saint-Martin ont exposé leurs propositions et leurs visions du futur du territoire au regard des défis à relever pour qu'il fasse bon vivre en Île-de-France, et de façon durable.
Ils ont répondu aux questions de Géraud Guibert, président de La Fabrique Écologique et de Sylvie Landriève, directrice du Forum Vies Mobiles.

 

Retrouvez la vidéo de l'évènement ici.

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Quelles bonnes pratiques des régions en matière de mobilité

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Décryptage - N°35 - Publié le 28 avril 2021

Synthèse

La question des transports et plus largement de la mobilité sera au cœur des élections régionales à venir. La mobilité, ici entendue comme mobilité spatiale, est une liberté majeure qui permet l’émancipation des individus et conditionne souvent l’accès à un travail, mais également aux loisirs. Mais ses modalités actuelles sont de moins en moins soutenables, écologiquement et socialement.
Les études s’accumulent depuis des décennies sur les pollutions, les dégradations environnementales et l’impact sur le climat générés par les transports, principalement routiers et aériens. De nombreux travaux et enquêtes documentent de leur côté les souffrances sociales et la précarité économique engendrées par le système de transports, que le mouvement des Gilets Jaunes a incarnées.
Alors que la pandémie de la Covid-19 bouleverse la mobilité, le moment est opportun de modifier en profondeur les manières de se déplacer. Les régions ont dans ce domaine un rôle clé à jouer, puisqu’elles cumulent les compétences directement sur de nombreux systèmes de transport, mais aussi sur l’aménagement du territoire, l’éducation ou encore le développement économique, autant de dimensions qui conditionnent les distances parcourues.
Au moment où se préparent les prochaines élections régionales, ce décryptage a une double finalité. Il montre l’importance de mieux maîtriser le volume de déplacements, en particulier ceux qui sont subis, dans un contexte où les distances parcourues continuent d’augmenter.  Au-delà de la décarbonation des transports, il s’agit de réfléchir à la place que l’on souhaite accorder aux déplacements à l’heure où les distances parcourues sont de plus en plus longues, leurs prix et leurs désagréments de plus en plus importants, et où les enquêtes documentent un désir de ralentissement et de relocalisation. Pourtant, l’action sur le volume de déplacements contraints reste largement ignorée par les politiques de transports actuelles.
L’autre objectif de ce décryptage est d’identifier les bonnes pratiques des régions en matière de mobilité, qu’il s’agisse de modes de transports ou de la maîtrise des volumes de déplacements. Il ne s’agit pas de mener une analyse exhaustive ni d’analyser les lacunes et les retards, mais plutôt de tirer parti de ces bonnes pratiques pour rendre la mobilité plus soutenable et améliorer la vie quotidienne.
Ce décryptage présente donc successivement les enjeux et les compétences des régions en la matière (partie 1), les bonnes pratiques des régions pour décarboner l’offre de transports (partie 2) et les enjeux et les mesures déjà prises par les régions pour réduire le volume de déplacements contraints (partie 3). Le cas de l’Île-de-France, qui présente de nombreuses spécificités en matière de mobilité, est présenté en annexe.