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Repenser le monde du travail pour faire face à l’urgence climatique

Publié le 10 octobre 2024

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Article de l’Oeil - N°55

« Décroissance, urgence climatique et transformation du travail » est un article de Luis González Reyes extrait de l’ouvrage collaboratif “Mas allá del colonialismo verde : justicia global y geopolítica de las transiciones ecosociales”, publié en 2023 par CLACSO. En s’appuyant sur divers travaux en économie, sciences sociales et sciences de l’environnement, l’auteur montre comment le monde du travail et les modes de production doivent se transformer pour faire face à l’urgence climatique.
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De cet article, La Fabrique Écologique retient trois points essentiels :
#1 Selon les auteurs, un modèle économique basé sur la croissance infinie n’est pas viable, car il suppose une augmentation de la consommation de ressources, lesquelles sont limitées. Un nombre croissant de travaux montrent que la transition écologique n’aura pas lieu sans une diminution de la consommation d’énergie et de ressources, donc une décroissance de la production. Selon l’auteur, l’urgence écologique nécessite de se passer des énergies fossiles pour se tourner vers un mix de sources d’énergies les plus faiblement pourvues d’éléments fossiles comme les terres rares, donc technologiquement plus simples. Aujourd’hui, l’énergie produite est surtout stockée. N’ayant pas une grande capacité de stockage, ces sources d’énergie devraient avant tout être mobilisées à l’échelle locale afin de pouvoir être directement utilisée.
 
#2 Selon l’auteur, certains secteurs basés sur l’exploitation des écosystèmes (transports, finance, etc.) devront suivre une logique de décroissance, tandis que d’autres ayant pour but la préservation de l’environnement devront être soutenus. Avec la diminution des transports qui fonctionnent avec des ressources non renouvelables, chaque territoire devra diversifier ses activités, afin de produire une quantité suffisante des biens et services nécessaires à la population locale pour réduire la dépendance aux importations. Afin de ne pas pénaliser les pays dont l’économie est dépendante des exportations, ces mesures de relocalisation devront s’accompagner de politiques de redistribution des richesses entre les pays et territoires.
 
#3 Selon l’auteur, de tels changements nécessiteraient une réduction du temps de travail, qui impliquerait une baisse de la production. Prenant l’exemple de l’Espagne, il montre qu’une diminution du temps de travail employé et de la production, réalisée en passant à une semaine de 30 ou 32 heures, ne s’accompagnerait pas d’une réduction du nombre d’emplois. Pour que ces changements soient viables, il serait nécessaire de diminuer la dépendance des citoyen·ne·s à leur salaire pour répondre à leurs besoins. Un processus de démarchandisation devrait être entamé : un maximum de biens et services pourraient être produits en coopération et en autogestion, permettant ainsi de réduire les coûts tout en échappant aux logiques de marché.
 
La France et la réduction du temps de travail
En France, les vertus écologiques de la réduction du temps de travail ont été mises en avant dès les années 70. Ses vertus sociales ont quant à elles été expliquées par les syndicats (ex. : CGT et Solidaires), qui demandent depuis plusieurs décennies de passer à une semaine de 32h. Mais la réduction du temps de travail n’est pas à l’ordre du jour. Si la semaine de 4 jours est expérimentée dans la fonction publique depuis le printemps 2024, ce n’est qu’une contraction du temps travaillé. La question des avantages et des inconvénients d’une réduction du temps de travail mériterait cependant de nouvelles réflexions.
 
L’avis de Pauline Bureau, Vice-présidente de LFE

Si plusieurs articles récents soulignent les vertus d’une diminution du temps de travail, un travail de vulgarisation scientifique et une mise en dialogue avec des arguments contraires seraient nécessaires pour bien appréhender ce sujet.

L’article est disponible ici.

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Article de l’Oeil - N°61 - Publié le 18 novembre 2025

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À partir de l'article "Is climate change the problem? A feminist analysis of climate change discourses in Spain and Catalonia" rédigé par Maria Borràs Escayola, Federica Ravera et Marta G. Rivera Ferre, Carlos Fernández souligne trois points qui montrent l'importance des discours politiques en matière de changement climatique. L'article analyse comment les représentations dominantes du changement climatique influencent la conception des politiques climatiques. Les autrices insistent sur l’importance d’identifier les angles morts dans la problématisation du changement climatique, pour mieux concevoir ces politiques. Enfin, elles identifient deux discours alternatifs (la décroissance et l’écoféminisme) qui permettent d’identifier différentes causes structurelles souvent négligées dans la conceptualisation des politiques climatiques.

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Dans ce nouvel Agenda Ecologique, nous revenons sur la COP30 à Bélem qui a lieu du 10 au 21 novembre 2025. Nous faisons le constat du manque de considération des peuples autochtones dans les politiques climatiques et négociations internationales, à la fois vis-à-vis de leur pouvoir politique et de la pertinence de leurs savoirs pour préserver la biodiversité. Ils ne reçoivent que 1% des fonds internationaux destinés à la lutte contre le réchauffement climatique alors qu'ils préservent 80% de la biodiversité. Afin de leur redonner leurs voix, nous nous appuyons sur leur déclaration politique prononcée pendant la Pré-COP à Brasilia en juin 2025.