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Quand le plastique menace les îles

Publié le 26 février 2019

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Article de l’Oeil - N°24

Publié en juillet 2018 dans la revue Environmental Pollution par Raqueline C. P. Monteiro, Juliana A. Ivar do Sul et Monica F. Costa, l’article « Plastic pollution in islands of the Atlantic Ocean »1 passe en revue 20 études scientifiques publiées entre 1983 et 2017 sur la présence de plastiques sur les plages et dans les habitats marins d’une trentaine d’îles situées dans l’Océan Atlantique et la mer des Caraïbes. Analysant la nature et la provenance des plastiques, l’article conclue qu’une gestion efficace de la pollution des îles est urgente pour préserver ces lieux qui abritent une biodiversité riche et unique.
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Trois fois la France. C’est la superficie du continent de plastique qui flotte dans l’océan Pacifique aujourd’hui 2. Connu sous le nom de GPGP (« Great Pacific Garbage Patch »), il s’agit du plus important point de chute pour les quelques 320 millions de tonnes de plastique produits chaque année sur Terre. Néanmoins, malgré l’ampleur du phénomène et le grand nombre d’études scientifiques qui lui sont consacrés, le cas des îles reste assez peu abordé. Elles constituent pourtant des milieux naturels riches en biodiversité. L’objectif de cet article est d’examiner la littérature scientifique sur le sujet (1), de trouver des caractéristiques communes aux pollutions des îles (2) et d’envisager plusieurs pistes pour résoudre ce problème (3).
 
#1 Depuis 1983, seulement 20 articles scientifiques ont été publiés sur le sujet de la pollution des îles de l’Atlantique et des Caraïbes par le plastique. 65% l’ont été dans les 15 dernières années, synonyme de l’intérêt grandissant pour cette problématique. Plus de la moitié des articles ont étudié la présence de macro-plastiques (débris, emballages, matériel de pêche, etc.) et, au total, c’est 31 îles de l’Atlantique et des Caraïbes qui ont été signalées comme étant contaminées. Cependant, les études rassemblées sont avant tout des inventaires et n’abordent que plus rarement les processus qui déterminent la source et le parcours de cette pollution.
 
#2 Dans les îles de l’Océan Atlantique, le plastique vient principalement de la mer. Il s’agit de matériel de pêche abandonné et des déchets provenant des bateaux de croisière (3000 personnes à bord peuvent produire jusqu’à 50 tonnes de déchets solides par semaine). Cette pollution constitue un véritable danger pour les Pinnipèdes3 et les oiseaux marins qui peuvent s’y retrouver coincés. Dans la mer des Caraïbes, les densités de macro-plastiques sont encore plus grandes mais les principales sources de pollution sont, cette fois-ci, les activités humaines sur les îles, avec en tête le tourisme. De manière générale, plus le tourisme augmente, plus les plages sont polluées par du plastique. À cela s’ajoutent les micro-plastiques dans l’eau qui sont d’autant plus problématiques qu’ils peuvent être ingérés par les animaux marins et servir de support pour la dispersion d’espèces invasives.
 
#3 La présence de plastique sur les plages et dans les habitats marins des îles du Pacifique et des Caraïbes constitue une menace pour de nombreuses espèces dont les humains. La conservation de ces îles nécessite donc un effort rapide et efficace. La principale caractéristique de ces territoires insulaires, leur isolement, peut servir à créer des solutions à la fois palliative (nettoyage) et préventive (interdiction de certains emballages, régulation des croisières, etc.). Le défi pour la recherche est à présent de parvenir à établir des connexions entre les différents environnements pour comprendre le parcours des déchets plastiques. Mais elle devra également aller au-delà du simple inventaire et se concentrer sur les solutions de contrôle de cette pollution.
 
1 L’article est disponible ici : https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0269749117334310
2 L. Lebreton et al., Evidence that the Great Pacific Garbage Patch is rapidly accumulating plastic, Scientific Report, 2018 : https://www.nature.com/articles/s41598-018-22939-w
3 Les Pinnipèdes sont des mammifères marins, semi-aquatiques, aux pattes en forme de nageoires.

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L’urgence de réduire les émissions de méthane : focus sur l’élevage

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Décryptage - N°42 - Publié le 3 novembre 2022

Synthèse

Le rapport de l'Organisation Météorologique Mondiale (OMM), publié le 26 octobre 2022, montre que depuis 40 ans - début des mesures systématiques - la progression annuelle des concentrations de méthane n'a jamais été aussi forte qu'en 2021. Réduire les émissions de méthane constitue ainsi le levier le plus rapide pour limiter le réchauffement climatique. Après une mise en contexte en France et à l'international, ce décryptage propose des pistes d'actions concrètes pour réduire les émissions de méthane en France, concernant notamment le secteur agricole.

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Les prairies et l’élevage des ruminants au cœur de la transition agricole et alimentaire

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Note définitive - N°44 - Publié le 27 octobre 2022

Synthèse

La note de La Fabrique Ecologique « Les prairies et l'élevage des ruminants au cœur de la transition agricole et alimentaire » issue du groupe de travail présidé par François Demarcq est désormais disponible en ligne.
Face à l’urgence écologique et aux enjeux sanitaires, la transition agricole et alimentaire, donc de l’élevage, est indispensable mais s’avère complexe. Cette note s’attelle à résoudre la contradiction apparente entre :
  • le besoin de protéger les prairies permanentes, pour le stock important de carbone qu’elles abritent dans leurs sols et pour les services écosystémiques qu’elles rendent à l’agriculture et à la société ;
  • la nécessité de réduire les émissions de méthane dues aux ruminants (environ 9 % des émissions de gaz à effet de serre de la France) et notre consommation de protéines animales (pour suivre les recommandations de santé publique), ce qui passe par la réduction de la place de l’élevage dans notre production agricole.