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Les éco-émotions, enjeu de santé mentale majeur des années à venir ?

Publié le 25 octobre 2023

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Article de l’Oeil - N°50

“Identifying Types of Eco-Anxiety, Eco-Guilt, Eco-Grief, and Eco-Coping in a Climate-Sensitive Population : A Qualitative Study” est une étude réalisée par C. Ágoston et al. et publiée en 2022 par l’International Journal of Environmental Research and Public Health. L’intérêt de cet article est de définir différentes émotions liées à la situation environnementale, appelées « éco-émotions », et de souligner leurs impacts.
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De cet article, La Fabrique Ecologique retient trois points essentiels :
#1 Les éco-émotions désignent les sentiments ressentis face à la crise écologique. Les auteurs répertorient quatre grands types d’éco-émotions :  
  • L’éco-anxiété, qui est un type particulier de stress lié aux problématiques environnementales ;
  • L’éco-culpabilité, qui intervient lorsque les individus réalisent qu’ils ont violé des normes de comportement qui existent dans la société ou qu’ils se sont eux-mêmes fixées ;
  • L’éco-deuil, qui est une réponse à une perte liée à la destruction physique de l’environnement ou à des dégradations futures anticipées ;
  • L’éco-adaptation, qui regroupent différentes stratégies adaptatives pour gérer les éco-émotions et qui renforcent le comportement pro-environnemental. 
L’objectif de cet article est de fournir une définition et une analyse qualitative approfondie des phénomènes psychologiques liés au changement climatique, afin de faciliter l’accompagnement des populations sensibles à cette problématique.  
 
#2 Les auteurs soulignent la complexité de ces émotions, qui se subdivisent en sous-types induisant différents comportements. Par exemple, un sous-type d’éco-culpabilité est l’autocritique, qui se traduit par une tendance à l’amélioration des comportements individuels visant à réduire l’impact environnemental. Un autre sous-type d’éco-culpabilité est la « responsabilité individuelle prophétique ». Également associée à un comportement plus respectueux de l’environnement, la responsabilité individuelle prophétique se traduit par la reconnaissance soudaine de l’impact de l’humanité ou de son propre impact sur l’environnement.  
 
#3 Plusieurs types de mécanismes d’adaptation aux éco-émotions ont été identifiés par les auteurs. Un premier exemple est le fait d’adopter de nouveaux comportements dans sa vie quotidienne ou de l’envisager. Une autre stratégie est la confrontation, qui se traduit par le fait d’essayer de persuader d’autres personnes de changer de comportement, quitte à générer des conflits interpersonnels. Si les deux mécanismes d’adaptation sont symptomatiques d’un engagement écologique plus important, l’étude montre que le premier s’accompagne souvent d’une diminution des émotions négatives, tandis que la confrontation a tendance à les intensifier. 
 
Perspectives en France
Bien que les éco-émotions ne figurent pas encore dans la liste des pathologies du Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM), selon un sondage Ifop (2022), 67 % des français déclarent ressentir de la peur face à l’avenir de la planète. Pour 34 % d’entre eux, leurs éco-émotions impactent leur santé mentale au quotidien. Cet impact est jugé considérable par 11 % des français, ainsi que par 20 % des femmes entre 25 et 34 ans, qui constituent un public particulièrement touché.  
 
L’avis de Pauline Bureau, Vice-présidente de LFE 

Reconnaître la réalité des éco-émotions, c’est admettre que le bien-être et la psyché humaine sont intimement liés à la santé de la planète : c’est faire un pas vers une représentation plus symbiotique de notre rapport à l’environnement, conception tout à fait prometteuse.

L’article est disponible ici.

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Dominique Méda : La place du travail dans une société désirable

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Article publié - N°7 - Publié le 19 janvier 2026

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Dominique Méda, philosophe et sociologue du travail, a récemment publié un livre intitulé « Une société désirable, comment prendre soin du monde » (janvier 2025) qui vise à « transformer nos politiques, rediriger nos actions et engager nos sociétés dans la reconversion écologique ». Une reconversion écologique qui consiste à fonder une société de post- croissance mesurée par des indices non-monétaires qui permettraient « d’enserrer le PIB dans les limites physiques » tout en garantissant une équité sociale. Pour Dominique Méda, « il est temps de réencastrer les humains dans le reste de la nature [et] de rompre avec l’idée d’un humain transcendant autorisé à mettre la nature à son service pour satisfaire ses désirs ». En faisant écho à la publication de l’étude « Low-tech, low-great ? Repenser le travail et l’économie » (septembre 2025) qui a pour objectif de repenser la place du travail dans une société qui intègre la low-tech, Carlos Fernández, chargé de mission de La Fabrique Ecologique, a interrogé Dominique Méda sur la place du travail dans une société durable.

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Is green growth happening? An empirical analysis of achieved versus Paris-compliant CO2–GDP decoupling in high-income countries” est un article rédigé par Jefim Vogel et Jason Hickel et publié dans Lancet Planet Earth en septembre 2023. Les auteurs mettent en avant l’incompatibilité manifeste entre la croissance dite « verte » (pensée ici comme le découplage entre la croissance du Produit intérieur brut (PIB) et les émissions de CO2) et les engagements de l'Accord de Paris. La Fabrique Écologique en retient trois enseignements clés.