Politique Société
Le changement climatique : nouvelle thématique populiste ?
Publié le 31 janvier 2024
Accueil > Publications > Le changement climatique : nouvelle thématique populiste ?
Article de l’Oeil - N°52
“ What makes climate change a populist issue ? “ est un article rédigé par Jonathan White en septembre 2023 et publié par le Grantham Research Institute on Climate Change and the Environment et le Centre for Climate Change Economics and Policy. L’intérêt de celui-ci est qu’il analyse le rapport au changement climatique des mouvances populistes européennes. Dans cet article, La Fabrique Ecologique retient une esquisse de définition du populisme qui se fonde sur des valeurs diamétralement opposées à la politisation actuelle de la question climatique.
De cet article, La Fabrique Ecologique retient trois points essentiels :
#1 Historiquement, le populisme fait la critique de l’élite et du pouvoir en place. Dans les années 2010, ses thèmes de prédilection étaient la question migratoire, l’identité nationale et la répartition du pouvoir et des richesses. Le populisme promeut l’agentivité des citoyens. Parce que la problématique climatique est de plus en plus présentée comme nécessitant le recours à des mesures d’urgence, qui par définition tendent à être prises sans consultation des citoyens, elle devient le nouvel objet des critiques populistes.
#2 Le populisme tend à considérer comme alarmistes les politiques d’urgence formulées en réponse au changement climatique. Celles-ci mèneraient à une démocratie de contrainte qui justifie la subordination des droits et libertés des citoyens. Le traitement de la question climatique prendrait alors la forme d’une éco-dictature, définie comme un système politique justifiant l’usage de méthodes anti-démocratiques au nom de la protection de l’environnement. Les populistes revendiquent un besoin de rupture avec la tradition qui a mené à cette forme d’écologie considérée comme technocrate et élitiste et proposent des politiques d’alter-urgence, qui s’appuient sur la consultation citoyenne. L’auteur donne l’exemple de Nigel Farage, fondateur du parti anglais pour le Brexit, qui s‘oppose à l’ambition britannique d’atteindre la neutralité carbone en 2050, et promet le pouvoir au peuple par le biais d’un référendum sur le sujet..
#3 L’auteur propose des stratégies pour éviter que le populisme ne s’empare de la cause climatique à des fins critiques. Afin que les mesures écologistes ne soient perçues comme portant atteinte aux libertés, les citoyens doivent être davantage inclus dans la définition d’objectifs climatiques et de mesures pour les atteindre. Le référendum se présente comme un outil renforçant le sentiment d’appartenance et d’action citoyenne à la cause climatique. Selon l’auteur, il conviendrait également de limiter la mention quasi-exclusive d’approches construites autour d’objectifs quantitatifs, de dates butoirs et des concepts de nécessité et d’urgence dans les discours politiques à vocation écologique, en défendant plutôt l’idée d’un avenir et de principes valant la peine d’être défendus.
Le populisme en France
D’après une étude réalisée par l’Ipsos-Sopra Steria en octobre 2022, la protection de l’environnement est le 2ème enjeu le plus préoccupant pour les Français après les difficultés liées au pouvoir d’achat. Face à ce constat, le Rassemblement national a reconnu la réalité du réchauffement climatique et, suite à la Convention Citoyenne sur le Climat en 2021, le parti a proposé un contre-projet de référendum autour de 15 questions sur la cause environnementale. Toutefois, le RN ne propose aucune solution concrète à ces problématiques.
L’avis de Pauline Bureau, Vice-présidente de LFE
À travers les critiques populistes, c’est la question de l’attractivité des mesures climatiques qui est posée – et la
réponse n’est pas tant dans leur contenu que dans leur intégration dans une vision d’ensemble à long-terme,
décrite en termes qualitatifs, et co-construite avec les citoyens.
L’article est disponible ici.
Économie, Finances
Politique Société
Dominique Méda : La place du travail dans une société désirable
Article publié - N°7 - Publié le 19 janvier 2026
Synthèse
Dominique Méda, philosophe et sociologue du travail, a récemment publié un livre intitulé « Une société désirable, comment prendre soin du monde » (janvier 2025) qui vise à « transformer nos politiques, rediriger nos actions et engager nos sociétés dans la reconversion écologique ». Une reconversion écologique qui consiste à fonder une société de post- croissance mesurée par des indices non-monétaires qui permettraient « d’enserrer le PIB dans les limites physiques » tout en garantissant une équité sociale. Pour Dominique Méda, « il est temps de réencastrer les humains dans le reste de la nature [et] de rompre avec l’idée d’un humain transcendant autorisé à mettre la nature à son service pour satisfaire ses désirs ». En faisant écho à la publication de l’étude « Low-tech, low-great ? Repenser le travail et l’économie » (septembre 2025) qui a pour objectif de repenser la place du travail dans une société qui intègre la low-tech, Carlos Fernández, chargé de mission de La Fabrique Ecologique, a interrogé Dominique Méda sur la place du travail dans une société durable.
Climat
Économie, Finances
Politique Société
Retour vers le futur : Net Zéro Carbone 2050… en 2242 !
Article de l’Oeil - N°63 - Publié le 15 janvier 2026
Synthèse
“Is green growth happening? An empirical analysis of achieved versus Paris-compliant CO2–GDP decoupling in high-income countries” est un article rédigé par Jefim Vogel et Jason Hickel et publié dans Lancet Planet Earth en septembre 2023. Les auteurs mettent en avant l’incompatibilité manifeste entre la croissance dite « verte » (pensée ici comme le découplage entre la croissance du Produit intérieur brut (PIB) et les émissions de CO2) et les engagements de l'Accord de Paris. La Fabrique Écologique en retient trois enseignements clés.