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La pollution de l’environnement par les métaux lourds et leurs effets toxicologiques sur les humains

Publié le 10 décembre 2020

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Article de l’Oeil - N°35

Cet article qui traite de la pollution et la toxicité des métaux lourds a été rédigé par Jessica Briffa, Emmanuel Sinagra et Renald Blundell, et publié en septembre dernier dans la revue Heliyon.
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Le terme « métaux lourds » est utilisé pour décrire les éléments chimiques métalliques et les métalloïdes qui sont naturellement toxiques ou au-delà d’un certain seuil pour l’environnement et pour l’Homme. L’objectif de cette étude est de mettre en lumière les effets toxicologiques des métaux lourds sur l’Homme (1), les sources de pollution de ces éléments et la manière dont ils sont produits dans notre environnement (2) ainsi que les solutions de lutte contre la pénétration des métaux lourds dans le corps humain (3). Les auteurs ne donnent pas en revanche de chiffres sur l’évolution de la place des métaux lourds dans l’environnement.
#1 Les auteurs rappellent que tous les métaux lourds ne sont pas toxiques pour l’Homme. Certains, appelés éléments essentiels, sont nécessaires à la vie car requis pour diverses fonctions biochimiques et physiologiques. D’autres peuvent en revanche affecter négativement l’organisme des êtres humains et engendrer des dommages sur les organites cellulaires. Leur présence dans le corps humain est à l’origine de nombreux effets toxiques tels que la cancérogénicité[1], l’infertilité, la déficience du système immunitaire et de l’ADN[2].
#2 L’utilisation des métaux lourds est due à l’urbanisation et l’industrialisation. Ils peuvent générer trois types de pollution, du sol, de l’eau et de l’air. Lorsqu’ils sont présents dans le sol, ils ne sont pas dégradables, affectent la biodégradabilité des polluants organiques[3] et leur toxicité peut augmenter en réagissant avec d’autres composantes. Dans le cas de la pollution de l’eau, ils sont transportés sur de longues distances et s’introduisent dans les sédiments ou à la surface. Passant dans la chaîne alimentaire par ingestion directe ou indirecte, ils présentent des risques pour l’ensemble de la biosphère. Les métaux lourds peuvent enfin être présents dans l’atmosphère sous différentes formes (particules, gouttelettes, forme gazeuse,..) et sont à l’origine de la formation de pluies acides et de graves problèmes de santé.
#3 L’étude analyse deux solutions possibles pour réduire au minimum la pénétration des métaux lourds dans le corps humain. Il est possible de retirer les métaux lourds du sol, des sédiments et des eaux en utilisant des plantes vasculaires et hyperaccumulatrices[4] qui absorbent les métaux lourds et se dégradent de manière à les éliminer totalement. Différentes espèces absorbent différents métaux lourds, leur choix est donc essentiel. L’usage de la culture intercalaire, visant à cultiver plus d’une culture en même temps et sur le même terrain comme par exemple le maïs avec le pois chiche, va dans le même sens, en augmentant la diversité et la stabilité des champs et en réduisant l’utilisation d’engrais.

 

L’avis de Géraud Guibert, Président de LFE 
Les effets des métaux lourds sur la santé restent insuffisamment connus et pris en compte. Des solutions fondées sur la nature existent pourtant pour limiter leur présence, il faut les développer.
 

 

[1] Cancérogénicité : propension d’une substance à provoquer un cancer.
[2] D’après l’étude des auteurs, il est apparu que les ions métalliques interagissent avec l’ADN et les protéines nucléaires, causant ainsi des dommages à l’ADN.
[3] Polluants organiques : substances chimiques issues de l’activité humaine ou de la matière organique, qui sont normalement absentes ou présentes dans l’environnement dans des concentrations naturelles plus faibles. Suivant leur nature, certains sont biodégradables (carbamates) et d’autres persistants (dioxines).
[4] Plantes hyperaccumulatrices : ce type de plantes a un système de racines permettant une absorption sélective du contaminant. C’est le processus de la bioaccumulation. 
 
L’article est disponible ici 

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L’urgence de réduire les émissions de méthane : focus sur l’élevage

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Décryptage - N°42 - Publié le 3 novembre 2022

Synthèse

Le rapport de l'Organisation Météorologique Mondiale (OMM), publié le 26 octobre 2022, montre que depuis 40 ans - début des mesures systématiques - la progression annuelle des concentrations de méthane n'a jamais été aussi forte qu'en 2021. Réduire les émissions de méthane constitue ainsi le levier le plus rapide pour limiter le réchauffement climatique. Après une mise en contexte en France et à l'international, ce décryptage propose des pistes d'actions concrètes pour réduire les émissions de méthane en France, concernant notamment le secteur agricole.

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Les prairies et l’élevage des ruminants au cœur de la transition agricole et alimentaire

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Note définitive - N°44 - Publié le 27 octobre 2022

Synthèse

La note de La Fabrique Ecologique « Les prairies et l'élevage des ruminants au cœur de la transition agricole et alimentaire » issue du groupe de travail présidé par François Demarcq est désormais disponible en ligne.
Face à l’urgence écologique et aux enjeux sanitaires, la transition agricole et alimentaire, donc de l’élevage, est indispensable mais s’avère complexe. Cette note s’attelle à résoudre la contradiction apparente entre :
  • le besoin de protéger les prairies permanentes, pour le stock important de carbone qu’elles abritent dans leurs sols et pour les services écosystémiques qu’elles rendent à l’agriculture et à la société ;
  • la nécessité de réduire les émissions de méthane dues aux ruminants (environ 9 % des émissions de gaz à effet de serre de la France) et notre consommation de protéines animales (pour suivre les recommandations de santé publique), ce qui passe par la réduction de la place de l’élevage dans notre production agricole.