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Dette écologique : quelles conséquences en tirer ?
Publié le 10 janvier 2017
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Article de l’Oeil - N°14
Dans le Journal of Political Ecology n°23 de 2016, un article de quatre universitaires européens1 : « Measuring environmental injustice : how ecological debt defines a radical change in the international legal system» s’intéresse au lien entre la dette écologique accumulée et l’ordre juridique international. Le Journal of Political Ecology est une revue qui a été créée en 1994, au sein de l’Université d’Arizona des Etats-Unis. Pluridisciplinaire, elle s’intéresse notamment à la relation que l’économie politique peut entretenir avec les impacts humains environnementaux.
Dans cet article, les auteurs prônent une totale refonte du système des relations internationales. La justice environnementale doit avoir pour socle une répartition des charges et avantages, issus de l’utilisation des ressources naturelles. Certains Etats, en détruisant la nature, se sont enrichis au détriment d’autres, et ils ont une dette à payer. Cette caractéristique est le symbole d’un ordre international qui repose sur l’inégalité des échanges.
#1 Les auteurs estiment qu’il est possible d’empêcher la croissance future de la dette écologique, mais que le remboursement des dettes écologiques passées est irréalisable. Calculer une telle dette est très compliqué2, son éventuel remboursement ne garantit pas une compensation adéquate à ceux qui subissent ou vont en subir les effets, en particulier les futures générations. Une annulation de dette entre deux pays ou deux régions n’assure pas une allocation équitable et durable des ressources dans le futur.
#2 La vraie solution est donc une réforme du système des relations internationales actuel, hérité du colonialisme. Selon les auteurs, la décolonisation a permis aux Etats occidentaux de maintenir une domination politique et économique sur les pays du Sud. Des structures de pouvoir opaques et informelles ont été mises en place, assurant l’accumulation de capital et l’extraction de ressources au profit des pays du Nord. L’ordre international, qui repose sur l’inégalité des échanges, doit être réformé, en prenant en compte le constitutionnalisme, le tiers-mondisme et la reconnaissance de la dimension multi-civilisationnelle du droit international.
#3 Les auteurs plaident ainsi par exemple pour la reconnaissance de l’environnement comme faisant partie des droits humains inaliénables et constituant un bien public dont tout le monde doit pouvoir jouir à égalité. Ils plaident pour un droit international donnant toute sa place au principe de précaution, établissant des limites à l’utilisation des ressources naturelles et empêchant de nouvelles injustices inter et intra générationnelles. Selon eux, la justice environnementale devrait être vue comme un équilibre, entre l’accès équitable à l’écosystème et la juste distribution des dommages provenant de son usage.
1 Jordi Manzano, Antonion Cardesa-Salzmann, Antonio Pigrau, Susana Borras
2 Une étude du même journal a eu recours à la technique de comptabilité des flux matériels, utilisant des données empiriques allant de 1950 à 2010 afin de calculer la dette écologique des Etats. Les résultats montrent que les pays/régions qui ont une balance des échanges physiques (BEP) positive, qui sont donc endettés, sont principalement l’Europe (15%), l’Amérique du Nord (2%), le Japon et la Corée du Sud (9%).
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Cette publication, issu des réflexions de trois chargés de mission à La Fabrique écologique Elena Heiss, Lyna Chaïb et Stan Dulery, revient sur les récentes mobilisations de la jeunesse, nées dans les lycées ultramarins et de banlieue avant de s’étendre aux universités et à l’international, pour montrer en quoi elles traduisent une angoisse existentielle face au manque de moyens pour l'éducation, à la précarité et à l'avenir climatique. L’écoute politique et la réponse aux revendications concrètes apparaissent alors comme des impératifs d’équité et de justice sociale. Toutefois, ce dialogue est menacé par le prisme sécuritaire et médiatique qui tend à réduire cette contestation aux seuls débordements violents, au risque d'invisibiliser les urgences matérielles et écologiques qu'elle soulève.
La Fabrique écologique avait mené précédemment plusieurs travaux sur la jeunesse (voir les articles liés). Elle mène un travail dans le cadre d’Erasmus plus sur la jeunesse et les enjeux climatiques.
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