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Assurer le changement climatique

Publié le 13 septembre 2015

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Article de l’Oeil - N°6

Le rapport “Effectiveness of insurance for disaster risk reduction and climate change adaptation”1 publié par l’Institute for Global Environmental Strategies2 (IGES), analyse le rôle que peuvent jouer les assurances dans l’adaptation au changement climatique. Sur la base de la région Asie Pacifique, particulièrement vulnérable, l’étude montre que les assurances jouent un rôle déterminant dans la récupération après une catastrophe naturelle. Cet outil est considéré comme primordial pour la résilience de nos sociétés face au changement climatique. Des pistes sont proposées pour dépasser les barrières techniques, socio-économiques et institutionnelles qui en limitent son utilisation.
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Dans la région Asie Pacifique, le nombre de catastrophes naturelles a décuplé sur la période 2000-2009 par rapport à la période 1947-1956. Sont en cause des particularités géographiques particulièrement défavorables, avec en premier lieu une forte activité sismique, mais aussi un modèle socio-économique peu résilient : importance de la population vivant près des côtes, forte urbanisation, absence de politique des réductions des risques etc.
Ces caractéristiques sont communes à de très nombreux pays. En 2012, 168 catastrophes naturelles majeures ont été recensées dans le monde, ont représenté 71 milliards de dollars de dommages assurés et ont fait 9000 victimes3. Les assurances remplissent de multiples rôles, dont le principal est de permettre aux individus et entreprises de reprendre leurs activités au plus vite après une catastrophe naturelle. Elles peuvent être considérées comme un outil d’adaptation au changement climatique (en permettant une reconstruction plus rapide) ainsi que de réduction des conséquences des risques naturels pour les populations et de développement soutenable (en diffusant de bonnes pratiques). Or, peu de compagnies d’assurance en France ou en Europe disposent d’une politique climatique complète concernant les produits qu’ils proposent ou leur gestion d’actifs. L’étude de l’IGES donne quelques pistes de réflexion :
#1 Afin qu’une assurance puisse couvrir un risque, celui-ci doit être suffisamment courant pour pouvoir calculer sa probabilité. Or, dans un contexte de dérèglement climatique, des phénomènes naturels inédits interviennent de plus en plus. L’enjeu principal des compagnies d’assurance est donc de lever les barrières techniques pour l’évaluation des risques. Pour y parvenir, la création d’une base de données au niveau mondial est indispensable, afin de pouvoir utiliser de nouveaux outils de statistiques météorologiques et agricoles (afin d’estimer par exemple le coût de l’inondation de telle récolte à telle époque de l’année).
 
#2 L’Etat a un rôle à jouer dans le secteur de l’assurance (réglementation, incitations fiscales, support technique pour la database évoquée ci-dessus etc.) afin d’accompagner et d’encadrer le développement des produits d’assurance couvrant directement ou non le risque climatique. Ce partenariat public/privé répond à une nécessité économique. En période de restrictions budgétaires, les Etats n’ont souvent plus les moyens de couvrir les conséquences économiques lourdes des catastrophes naturelles : en France, à ce jour, l’événement le plus coûteux répertorié est la sécheresse exceptionnelle de l’année 2003 (1 996 M€ ) suivi des inondations de septembre 2002 dans le Gard (1 021 M€ )4.
 
#3 Les compagnies d’assurance doivent, dans un objectif de réduction des dépenses, mieux assurer leur rôle de diffusion des bonnes pratiques. Ceci vaut en particulier dans le domaine de l’agriculture. En Australie, par exemple, la plupart des agriculteurs utilisent des technologies modernes mises à disposition par les compagnies d’assurance, comme la surveillance satellitaire des conditions météorologiques ou la mesure de l’humidité dans l’air et dans le sol, en temps direct grâce à des applications et sites internet dédiés. Ils sont en outre encouragés à avoir un système flexible de récoltes (plusieurs par saison) pour éviter les pertes massives.
 
1 Effectiveness of Insurance for Disaster Risk Reduction and Climate Change Adaptation : Challenges and Opportunities, Institute for Global Environmental Strategies (Japon), 2015 http://pub.iges.or.jp/modules/envirolib/upload/5535/attach/DRR-CCA_synergies_of_insurance_IGES_Research_Report_Final.pdf
2 Sous la direction de Sivapuram V.R.K. Prabhakar, chargé du pôle adaptation au changement climatique à l’IGES
3 Etude Swiss Ré – Sigma n° 2/2013
4 L’assurance des catastrophes naturelles en 2012, Association Française de l’Assurance, avril 2014
http://www.mrn.asso.fr/system/files/l_assurance_des_catastrophes_naturelles_2012_0.pdf

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37ème Atelier Co-Ecolo : Quelle prise en compte de la voix de l’environnement dans l’entreprise ?

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Quelle prise en compte de la voix de l’environnement dans l’entreprise ?

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Synthèse

La nouvelle Note de La Fabrique Ecologique "Quelle prise en compte de la voix de l'environnement dans l'entreprise" issue du groupe de travail coprésidé par Mathilde Craker et Gérard Langlais est désormais disponible en ligne.
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